INSUFFISANCE DES FORTIFICATIONS DU COTÉ DU PORT
mise des bastions et rourtines dégradée de trois pieds d'épaisseur en plusieurs endroits, les ouvrages qui ont été réparés, pieux et fascines affaissés et ébranlés par les pluies de l'hiver, une partie de l'enceinte fermée par un mur de pierre sèche seulement de 10 ou 12 pieds de haut qui répond à une anse où l’on peut débarquer; la partie de la Grave, depuis la porte Dauphine jusqu'à la pointe de la Grave, est accessible pour un coup de main. On ne remplace ces défauts de la fortification que par des hommes. Quant à l'entrée du port, nous avons lieu d'être tranquilles, étant gardée par le fort de l'entrée et les vaisseaux. »
Néanmoins, malgré ces défectuosités et le mauvais entretien du front de terre, Les abords de la place étaient très défendables, car l’assaillant, pour ses travaux d’approche, aurait à surmonter des obstacles sérieux. Le demibastion du Dauphin et la courtine entre #e bastion et celui du Roi étaient baignés par un fossé d'eau qu'alimentait un étang; le reste 4e l'enceinte jusqu'à la mer, du côté du Cap Noir, avait pour glacis un véritable marécage que l'ennemi devrait franchir avant de couronner le chemin couvert. Par contre, Louisbourg, à peine protégé du côté du bassin intérieur, serait à la merci d'un assiégeant dont les vaisseaux auraient pu forcer la passe et se rendre maitres du port; à défaut de fortifications, 1! ne faudrait compter que sur la défense mobile que fournirait l’escadre. Enfin la ville, presque toute en bois, souffrirait cruellement d'un bombardement, mais la population civile, de 3.000 âmes environ (f) et composée en grande partie de matelots et de pêcheurs, n'était pas assez nombreuse pour constituer un embarras.
Pour le siège de la forteresse, le ministère britanni-
(1) Bourinot (Cape Breton and its Memorials) estime la population civile de l'ile au moment du siège à 3 ou 4.000 habitants.
que, stimulé par Pitt, avait fait de grands préparatifs. L'amiral Holborne, dont on blâmait la timidité de l'année 1757, fut remplacé par l'amiral Boscawen que nons avons vu commencer les hostilités en 1755 par la prise de l’Alcide et du Lys, et qui avait la réputation d'un marin hardi et entreprenant. Lord Loudoun, rendu
responsable de l'échec de la tentative sur Louisbourg et | de la chute du fort William-Henri, fut rappelé et céda h
au général Abercromby le commandement suprême des forces anglaises et coloniales en Amérique. Quant à la direction spéciale de l'entreprise sur l'ile du Cap Breton, £ elle fut confiée au général Amherst qui avait fait la cam- ‘à pagne du Hanovre dans l'état-major du duc de Cumber- k land. Boscawen, devancant cette fois le départ des escadres françaises, mit à la voile de Saint-Helens (1) le 19 février; dans la manœuvre de l'appareillage, il perdit un de ses vaisseaux, l'/nvincible, qui s'échoua et qu'ou ne put pas relever, À ‘Talifax, il rallia la division qui avait hiverné dans cette rade et y fut rejoint par Les transports qui avaient à bord les troupes destinées au siège. Le 26 mai, Amherst, arrivant d'Angleterre, rencontra la flotte de Boscawen sortant du port de Halifax; elle comptait 157 bâtiments dont 23 vaisseaux de ligne et 18 frégates. Le corps expéditionnaire, composé de 1% bataillons anglais, dont 8 tirés d'Amérique et les autres fournis par Les garnisons de la Nouvelle-Écosse où par la métropole, de 330 artilleurs et d'environ 600 chasseurs (Rangers) et ouvriers coloniaux, atteignait un effectif total de 12.000 combattants; sous les ordres d’Amherst servaient, en qualité
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(1) Consulter pour le siège de Louisbourg : Annual Register 1758. Le jour- “ nal du général Ambherst reproduit par Mante, Late war in America, London, 1772. Les rapports de Drucour et la Houillère. Archives des Colonies et de la Guerre. — Le rapport de des Gouttes, le journal de Querdisien. Archives de la Marine. — Pichon, Lettres et Mémoires pour l'histoire du Cap Breton, London et La Haye, 1760. — Le journal du chevalier Johnstone. ï Archives de la Guerre. — Parkmann, Bourinot, etc. \