RETRAITE DU HANOVRE
ARRIVÉE DE CLERMONT A HANOVRE. -— DÉTRESSE ET ÉPAR- PILLEMENT DE L'ARMÉE. — FERDINAND PREND L'OFFENSIVE, — COMBAT DE HOYA. — CONCENTRATION DES FRANÇAIS A HAMELN. — RETRAITE SUR LE "HIS, — CONFLIT AVEC DUVERNEY.
Dans le volume précédent, nous avons dépeint le triste état dans lequel se trouvait l’armée francaise du Hanovre vers la fin de janvier 1758. Les abus de tout genre dont le haut commandement donnait l'exemple, le désordre des services administratifs, la misère des hôpitaux, le manque absolu de fonds, avaient aggravé sur place les suites désastreuses de l’incurie dont la première responsabilité remontait au ministère de Versailles. Abandonnés à eux-mêmes, privés des effets et des harnais indispensables après l’usure d'une longue campagne, n'ayant recu ni recrues, ni chevaux de remonte, les régiments de Richelieu, la plupart en haillons et sans souliers, pour résister à l'attaque d’un ennemi entreprenant, auraient eu besoin d’une direction énergique, d’un chef capable de relever leur moral, inspirant confiance au
GUERRE DE SEPT ANS. — T. Il. {
De CEE
soldat et sachant se faire obéir de ses lieutenants. Le lécit des événements de février et mars 1758, démontrera que le successeur de Richelieu ne possédait aucune de ces qualités, et que sa faiblesse et son incapacité contribuèrent à accroitre les dangers d’une situation déjà compromise.
Le 8 février, au moment où le maréchal de Richelieu quitta Hanovre et laissa le commandement au marquis de Villemeur en attendant l’arrivée du comte de Clermont, personne, ni dans le camp français, ni au ministère à Versailles, ne songeait à une reprise des hostilités avant l’époque ciassique du printemps. Le nouveau général en chef passa fort tranquillement les quinze jours qui s’écoulèrent entre sa nomination et son départ pour l’armée, à faire ses préparatifs, à travailler avec le Roi, le marquis de Paulmy, le maréchal de Belleisle, et les autres grands personnages, tant officiels qu'ofticieux, du gouvernement. L’'intention de la cour de lui retirer #5 bataillons et #0 escadrons destinés à rentrer en France ou à former le corps auxiliaire de Bohème, dont il eut connaissance par une lettre de Paulmy (1), ne provoqua de sa part aucune protestation. Très flatté de la tâche réparatrice qui lui avait été confiée, il croyait avoir tout le temps de la mener à bonne fin avant le début de la campagne; aussi le voit-on beaucoup nlus préoccupé du sort de ses protégés (2) que des opérations militaires. Le billet adressé à Crémille (3) quelques jours après sa désignation, où il prie son vieil ami d'accepter les fonctions de chef d'é.at-major, ne porte aucunces traces d'inquiétudes immédiates à propos de l’ennemi. Les volumineux mémoires que lui remirent Belleisle et Duvernev, ont surtout trait au rétablissement de la discipline dans les troupes et dans le cerps d'officiers:
(1) Paulmy à Clermont, 27 janvicr 1758. Papiers de Clermont, vol. XXXV. (2) Letties de Clermont datées du 1°" février, jour de son départ. (3) Clermont à Crémille, 24 janvier 1758. Papicrs de Cicrmont, vol, XXXV.
s, Le trera e de ntricom-
elieu rquis Clerstère want al en :COUée, à rquis rands ment.
0 es- Corps r une proavait ner à bit-on ) que e (3) vieil porte l’en-
Belt de iers:
Fr