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Monseigneur, que ces messieurs ne connaissent point assez parfaitement la colonie et ses vrais intérêts, pour pouvoir avoir l'honneur de vous en parler pertinemment... Cependant, sous quelque couleur qu'ils vous dépeignent notre situation, ils ne pourront assez vous exprimer combien elle est triste et à tous égards critique, par le manque d'hommes, de vivres et de munitions de toutes espèces. » Puis revient la note de méfiance : « Je dois. d’ailleurs, Monseigneur, vous prévenir que ces messieurs étant créatures de M. de Montcalm, abondent entièrement dans ses sentiments. Je m'attends qu'ils tâcheront d'’éteindre ou du moins diminuer les actions de la colonie, dans l'unique vue d'attribuer aux troupes de terre tous les avantages que nous avons eus sur l'ennemi. »
Ainsi munis de leurs lettres d'introduction, porteurs de mémoires sur l'avenir de la nouvelle France, de demandes de grâces pour les officiers du corps expéditionnaire, de rapports détaillés de Vaudreuil et de Montcalm sur les besoins militaires et sur les renforts indispensables, Doreil et Bougainville mirent à la voile sur des bâtiments différents. Ils arrivèrent tous les deux en France vers la fin de l’année et se rendirent à Versailles pour s'acquitter de leur mission. |
Pour compléter le récit des événements du Canada, nous devons mentionner la visite qu’y firent les vaisseaux de Du Chaffault. Ce fut la dernière apparition d’une escadre française dans les eaux du Saint-Laurent. Du Chaffault avait accosté (1) le 29 mai, au Port Dauphin dans l’île du Cap Breton, avec # vaisseaux de ligne et une frégate, y avait débarqué le bataillon de Cambis destiné à compléter la garnison de Louisbourg et fait route, le 9 juin, pour Québec où il mouilla le 29 en compagnie du vaisseau le
(1) Archives de la Marine, 1758.