MARIE-THÉRÈSE PARTISANE DE LA GUERRE À OUTRANCE
virent leur cours à Vienne et à Versailles, À signaler une audience (1) que Choiseul eut de Marie-Thérèse au commencement de septembre, L'Impératrice manifeste sa sympathie à l'occasion de la perte de Louisbourg dont la nouvelle était parvenue depuis peu par la voie de la Hollande. Elle aborde ensuite le sujet de la cessation des hostilités, comme si elle voulait réfuter d'avance les propositions que cet échec aurait inspirées à la cour de France : « Elle avait beaucoup réfléchi sur les inconvénients de la continuation de la guerre, elle les avait discutés avec M. de Kaunitz en qui elle entrevoyait une propension à la paix, mais ce ministre ne connaissait pas aussi bien qu'elle le fond de ses affaires. » La souveraine sétend sur le danger d'un accord qui ne serait qu’une trêve armée, sur les charges qu'elle entrainerait, et appuie sur la nécessité de poursuivre activement les opéations militaires. Choiseul fit respectueusement remarquer que « dans ce moment-ei il n'était pas question d'arrangement définitif de paix... et que les cours se concerteraient pendant lhiver selon ce qui serait le plus avantageux ».
De son côté, Starhemberg tenait à Paris (2) des propos désobligeants sur l'impuissance des armées francçaises en Allemagne. Le retour en Saxe du roi de Prusse après la bataille de Zorndorf et Favortement du plan pour la conquête de l'Électorat firent changer la note. Choiseul profite de ces événements (3) pour se venger des sarcasmes de Kaunitz : « J'ai fait observer à ce ministre qu'il était possible que l'Impératrice fit la guerre au roi de Prusse maitre de l'Elbe et de FOder, pendant dix ans, sans qu'il v eût aucune action décisive, mais que Je
(1) Choiseul à Bernis, 5 septembre 1758. Affaires étrangères. Autriche. (2) Starhemberg à Kaunitz, 5 et 14 septembre 1758. Archives de Vienne. (3) Choiseul à Bernis, 12 septembre 1758. Affaires ét: ngères. Autriche.
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