‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 265 sur 361 · CHAPITRE PREMIER BERGEN · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER BERGEN

INCURSION DES IANOVRIENS EN FRANCONIE, — FERDINAND MARCHE SUR FRANCFORT. — BATAILLE DE BERGEN. — LE PRINCE HENRI DE PRUSSE A BAMBERG.

D'après le programme élaboré à Paris (1), le commencement de la campagne d'Allemagne avait été fixé au mois de juin; à cette époque, le maréchal de Contades, à la tête de la grande armée, forte de 80.000 hommes, devait envahir la Westphalie, faire les sièges de Lippstadt et Munster, pousser devant lui le prince Ferdinand auquel on attribuait un effectif de 53.000 combattants, et le rejeter au delà du Weser, tandis qu'un corps indépendant de 20.000 hommes, aux ordres du due de Broglie, opérerait en Wetteravie et en Hesse. En attendant la belle saison, les troupes françaises conserveraient leurs cantonnements actuels, travailleraient à leurs réparations et resteraient sur la défensive. Malheureusement pour le repos des quartiers d'hiver et pour la tranquillité des

(1) Conférence chez le maréchal de Belleisle, 18 février 1739. Archives de la Guerre. Allemagne, 3512.

GUERRE DE SEPT ANS. — T, Hi. 1

nombreux permissionnaires reveuus en France, le prince Ferdinand n'était pas un observateur fidèle des bonnes traditions d'après lesquelles les manœuvres de guerre débutaient et finissaient avec les beaux jours.

Cependant les mois de janvier, février et trois semaines de mars s'écoulèrent sans incident sérieux, L'échange des prisonniers fut effectué de part et d'autre et fit constater, au crédit des Hanovyriens, un excédent (1) de 200 officiers et #.000 soldats français qui furent relâchés (2) moyennant une rançon de 8% francs par homme, et à Ja condition de ne pas servir pendant le cours de la guerre contre le roi de Prusse et ses alliés. D'un accord commun, les hostilités furent presque totelement suspendues, et des arrangements conclus entre les commandants locaux permirent de neutraliser durant l'hiver, au grand bénéfice des habitants, certains territoires de la rive droite du Rhin. Cette trêve tacite fut rompue par le départ de Ferdinand qui quitta Munster le 22 mars, et se rendit en Hesse où il s'était fait devancer par une partie de ses forces. Il annonçait l'intention (3) de chasser l'ennemi de Fulde, de refouler l’armée du duc de Deux-Ponts sur la Franconie et peut-être jusqu’à Bamberg, puis de se retourner contre les Français de Broglie en marchant droit sur Francfort, et de leur enlever l'important magasin de Fricdberg « par quoi ils seront fort arriérés dans leur campagne ».

En esquissant ce plan d'opérations, Ferdinand reproduisait les projets dont il caressait l'exécution depuis la fin de l’année 1758 et pour lesquels il n'avait pu obtenir (4) le concours du roi de Prusse. L’occupation de

(t) Reden, Feldzüge der allierten Armee, vol. I. Hambourg, 1806.

(2) Contades à Belleisle, 21 novembre 1758. Archives de la Guerre, 3487. (3) Ferdinand à Holdernesse, Munster, 21 mars 1759. Record Office.

(4) Frédéric à Ferdinand. Breslau, 14 janvier 1759, Correspondance politique, XVI, p. 22.

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