RETRAITE DE FERDINAND
Si le général français se montra peu entreprenant sur le champ de bataille, il le fut encore moins après sa victoire dont il ne sut pas tirer tout le parti possible, Cependant l'adjonction, le lendemain de l'affaire, des 1% bataillons et # escadrons de Saint-Germain lui assurait sur le prince Ferdinand une supériorité numérique qui s'ajoutait au prestige moral du succès. En dépit de ces avantages, Broglie se borna à faire suivre l'ennemi par ses volontaires et par sa cavalerie légère, et encore les instructions pour la poursuite étaient-elles empreintes d'une prudence qui indique ou peu de confiance dans les subordonnés, ou un respect exagéré pour l'adversaire : «J'ai recommandé à M. d'Obenheim, écrit-il à Belleisle (1), de ne point s'aventurer et en cas que les ennemis marchassent ce matin, d'aller à la suite des dragons jusqu'à Hungen, mais de ne point le dépasser, quelque chose qui pèt arriver... On en peut refuser beaucoup de louanges au prince Ferdinand de la grandeur du projet et de la vivacité de sa marche; c'est un ennemi dangereux et aux mouvements duquel on ne saurait donner trop d'attention. Je ne pense pas qu'il faille s'endormir; l'ennemi est battu mais il n'est pas détruit; il va changer son projet et tâcher de reprendre sa revanche. »
Après un séjour de deux jours à Windeken, et de deux autres à Marienborn, Ferdinand continua à se replier sur la Hesse, Le 18, il transféra son quartier général à Grunberg, puis à Alsfeld et enfin le 23, à Ziegenhayn. Dans une lettre à Holdernesse (2) il justifie ce recul : « Ayant un ennemi beaucoup plus fort en front, les Autrichiens sur mon flane gauche, le corps de M. de Blaisel sur ma droite et une distance de vingt milles d’Allemagne entre l’ennemi et Cassel d'où je tire toutes mes
(1) Broglie à Belleisle, Francfort, 19 avril 1759. Archives de la Guerre, (2) Ferdinand à Holdernesse. Ziegenhayn, 27 avril 1759. Record Office. GUERRE DE SEPT ANS. — T. Ill. 2
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