TERRE
subsistances, il aurait été une fausse honte que ne vouloir pas faire ma retraite, » Pendant la marche rétrograde des confédérés, Blaisel, qui avait la direction supérieure des troupes légères françaises, livra un combat heureux: informé, par une dépêche trouvée sur un offi-
cier prisonnier, du voisinage d'un détachement ennemi, il l'attaqua et lui tua ou prit beaucoup de monde, dont 11 officiers et 213 dragons du régiment prussien de Finckenstein. La fatigue des hommes et des chevaux, la pénurie de vivres et de fourrages firent arrêter la poursuite ; les régiments réguliers de Broglie étaient déjà de retour dans leurs cantonnements.
Le 25 avril, Contades qui revenait de France arriva à Francfort: il apportait avec lui la nouvelle distrihution de l'armée d'après laquelle Broglie voyait son corps réduit à 38 bataillons et 31 escadrons, 1.600 troupes légères et 18 canons. Contre cette diminution, Broglie protesta par un mémoire (1) où il exposait que son effectif diminué ne serait pas en état de repousser une seconde tentative de Ferdinand. Il ne fallait pas compter sur le duc de Deux-Ponts : « M. le maréchal de Contades sait le peu de fonds qu'on doit faire sur l'armée de l'Empire, sa faiblesse, sa composition, son penchant à rentrer en Bohême. IL est aisé de juger de là du peu de forces qu'il faudra au prince Henri pour la masquer. » Le document concluait à une augmentation indispensable pour résister à un effort combiné des princes Henri et Ferdinand. Quelques jours après, notre général marque son mécontentement en annonçent à Belleisle (2) qu'il va, avec la permission de Contades, faire une cure de lait à Ober Ingelheim et qu'il cède le commandement au chevalier de Muy. Avant de s'absenter, il attire derechef l'attention du
(1) Mémoire de Broglie, 29 avril 1759. Archives de la Guerre. (2\ Broglie à Belleisle. Francfort, 3 mai 1759. Archives de la Guerre.
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