ESSAIS DE RECRUTEMENT A HANAU
ment des corps allemands au service de Louis XV devenait de plus en plus difficile. On avait cherché à imiter les agissements de Frédéric en Saxe et au Mecklembourg en pratiquant des levées dans le comté de Hanau. Les premières tentatives n'ayant pas réussi, Belleisle insiste (1) : « J'espère pourtant que nous en viendrons à bout avec de la suite et toute la rigueur prussienne. » Le second essai fut aussi infructueux que le premier. Le chevalier de Muy s'excuse /2) de sou insuccès : « Nous ne tirerions pas de ces hommes, quand même nous les aurions, un usage aussi grand que le roi de Prusse. Nos troupes étrangères mêmes, quoique mieux disciplinées que les nationales, n'ont pas la vigilance qui fait chez ce prince de chaque régiment, soit en marche, soit en campagne, soit en quartier, une espèce de prison où les soldats sont ob- SePVÉS SANS CESSE. »
Sans nous inscrire en faux contre une appréciation que confirment les témoignages de plusieurs contemporains sur ia sévérité du régime prussien, nous devons reconnaitre que les procédés arbitraires de recrntement auxquels Frédéric avait recours étaient facilités par la communauté de langue et de religion, et peut-être aussi par le sentiment national inconscient mais vivace qui confondait la “ause du roi de Prusse avec celle de la patrie allemande.
1) Relleisle à Contades, 7 mai 1759. Archives de la Guerre, 3515. 2) Muy à Belleisle, Francfort, 22 mai 1759. Archives de la Guerre, 3516.