‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 290 sur 361 · SIÈGE ET PRISE DE MUNSTER PAR ARMENTIÈRES · texte numérisé non relu

SIÈGE ET PRISE DE MUNSTER PAR ARMENTIÈRES

sans doute à la suite des marches et du mauvais temps, il y avait beaucoup de malades. Malgré cela, le moral s'était maintenu bon au cours de la campagne et à en croire la correspondance échangée avec Belleisle, la gaieté francaise était poussée à des extrêmes qui ne laissaient pas d'inquiéter le vieux ministre. Averti par un de ses correspondants, il demande des explications. La justification de Contades (1) jette quelque jour sur les habitudes des jeunes officiers : « Vous jugez très bien du caractère de celui qui l’a écrite, qui est sans doute un atrabilaire qui trouve mauvais que la jeunesse s'amuse. Il est vrai qu'au camp de Meerhoff les jeunes gens de l’armée se choisirent un chef qu'ils appelèrent le chef de la calotte. On me rendit compte le matin qu’ils avaient fait beaucoup de bruit pendant la nuit au camp; j'ordonnai à M. de Cornillon de dire aux majors, et je le dis moi-même aux commandants des cc>ps, que je ne m'’opposais point à ce que la jeunesse s’amusât, mais que j'exigeais deux choses : la première, que la retraite battue on ne fit plus de bruit au camp, et la seconde, que messieurs les lieutenants, quand ils s’assembleraient pour jouer aux barres à la tête du camp, ne s’écartassent jamais du respect qu'ils devaient aux anciens officiers, et que si ces deux conditions n'étaient pas remplies, je mettrais toute cette jeunesse dans le cas d'avoir besoin de se reposer en leur faisant monter la garde à la tête du camp de deux jours l’un, et en punissant encore plus sévèrement ceux qui seraient les chefs; je n’ai pas ouï parler qu’il soit rien arrivé qui intéresse la discipline. » Pour reprendre l'offensive, Contades, on vient de le voir, attendait l'issue des opérations dont avait été chargé le marquis d'Armentières. Ce général avec un corps de 19 bataillons et de 20 escadrons devait poursuivre la conquête

(1) Contades à Belleisle. Minden, 22 juillet 1759, Archives de la Guerre, 3519,

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de la Westphalie, tâche qui, par suite du rappel de la division hanovrienne, se réduisait à la prise de Munster et Lippstadt. A la suite d’un long séjour à Schirmbeck, en avant de Wesel, il s'ébranla le 5 juillet et parvint devant Munster quelques jours après le départ de Wangenheim. L'investissement, effectué sans retard, intercepta toute communication avec le prince Ferdinand et amena la capture du colonel de la Chevalerie, qui apportait au gouverneur l’ordre de se défendre à outrance. Armentières, dont la grosse artillerie était encore en arrière, voulut se rendre maitre de la place par un coup de main. Dans la nuit du 12 au 13 juillet, il tenta l’escc'ade; des instructions mal comprises ou mal exécutées firent échouer l'assaut qui coûta à l’assaillant #1 officiers et 534 soldats tués ou blessés, et il fallut se résigner à un siège méthodique. Les travaux une fois amorcés ne trainèrent pas; la tranchée fut commencée dans la soirée du 19; le 22 le défenseur évacua la ville et se retira dans la citadelle. Le 25 dès l'aube, les batteries ouvrirent le feu et à 8 heures et demie (1) le gouverneur hanovrien hissa le drapeau blanc.

La garnison, commandée par le général Zastrow (2\ et forte de 3.59% hommes de tous rangs, mit bas les armes. Dans la forteresse les Français trouvèrent beaucoup d'effets, et, en outre du canon de la place, 2 pièces de campagne enlevées à Crefeld aux régiments d’Enghien et de la Marine. Le 31 juillet Armentières était sous les murs de Lippstadt, prêt à en entreprendre l'attaque, et si sûr du résultat qu'il consultait déjà le général en chef sur la destination à donner à la garnison quand elle serait entre ses mains.

Du côté de la grande armée la tranquillité ne fut trou-

(1) Armentières à Belleisle. Sous Munster, 25 juillet 1759. Archives de la Guerre. Allemagne, 3519.

(2) Ne pas confondre avec le général Zastrow fait prisonnier à Minden.

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