LENTEUR DES MOUVEMENTS DE FERDINAND
les conséquences désastreuses qu'on aurait pu craindre; leurs pertes furent restreintes à des déserteurs fort nombreux dans les régiments allemands et parmi les Saxons, aux éclopés, aux malades et blessés trop gravement atteints pour ètre transportés, enfin aux voitures prises ou abandonnées. Le prince héréditaire qui, avec sa division renforcée, avait été affecté à la poursuite de l’armée de Contades, dut avouer {1) le peu de résultats obtenus : « Malgré toute mon application et toute la bonne volonté des différents chefs des corps, et particulièrement de M. Luckner, la fortune ne nous à pas été propice. Qu'Elle (S. A.) ne m'impute pas, si je n'ai pas rempli en tout son attente, la difficulté du terrain, les bonnes mesures de l'ennemi, et particulièrement sa diligence inconcevable, sont cause que nous n'avons pas fait davantage. »
Ferdinand ne fit aucun effort sérieux pour entamer son adversaire; il se borna à le faire surveiller à distance, tandis qu'avec le gros de ses forces il gagnait successivement Bielefeldt, Paderborn et Stadtberg où il établit son quartier général le 12 aoït. Cet itinéraire correspondait à la première partie du programme dressé par Westphalen. « De Paderborn, disait (2) le mémoire de ce dernier, il faut jeter l'œil sur Cassel pour voir s’il est possible d'y prévenir l'ennemi. Si non, il faut se contenter d'occuper les défilés du Dymel et procéder tout de suite par un détachement au siège de Munster. » Un instant, le prince Ferdinand et son secrétaire avaient espéré devenir maîtres de cette importante ville sans subir les lenteurs d’un siège. A cette fin, le colonel anglais Boyd, avec trois batailions et quelques canons et morüiers, fut chargé de se rendre de Lippstadt à Munster et de bomba:der la place. L'entreprise
(4) Prince héréditaire à Ferdinand. Walleren, 11 août 1759. Newcastle Papers, 32894,
(2) Idée générale des mouvements à faire, 4 août 1759, Archives de l'Elat-Major général, Berlin, C. X. n° 324.
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échoua : trois mortiers c:zvèrent, la garnison ne se laissa pas intimider et Boyd dut se retirer à Warendorf sans avoir rien accompli.
Il nous faut maintenant dire quelques mots des agissements d'Armentières, que nous avons vu devant Lippstadt se préparant à en faire l'attaque. Le 2 août, c'est-à-dire le lendemain de la bataille de Minden, il avait été invité par Contades (1) à diriger son parc de siège sur Wesel, à renforcer de dix bataillons la garnison de cette place et celle de Dusseldorf, et à se rendre avec le reste de son corps à Warburg à la rencontre de la grande armée. Il prévient Belleisle de ces injonctions, auxquelles il va se conformer, tout en regrettant de ne pouvoir se transporter sur le Bas-Rhin pour veiller sur les mouvements 6. : it l'ennemi de ce côté. Dans sa dépêche Contades n «4 fait mention que des deux forteresses du Rhin et n'avait pas parlé de Munster. Armentières aussitôt d'interpréter cette omission dans le sens de l'évacuation et de se comporter en conséquence. Cependant il n'est pas sûr d’avoir bien fait, et avec une franchise un peu naïve il avoue à Belleisle (2) son embarras : « Le lendemain, faisant réflexion que l'ordre d’évacuer Munster n'était pas expressément donné, et ne connaissant que l’obéissance stricte, j'ai envoyé (contrariant sur cela ma facon de penser) ordre à M. de Gayon d'y tenir. » Il ajoute qu’il ne serait pas fàché que le second messager ne parvint pas à destination.
En passant à Paderborn le # août, Armentières fut averti de la situation critique du convoi et des gros équipages de l'armée; les notions qu'il professait sur l'exécution de ses instructions ne lui permirent pas de modifier son itinéaire : « Comme il était 14 heures du soir quan je l'ap-
(1) Arierlières à Belleisle. Devant Lippstadt, 2 août 1759. Archives de la Guerre, ‘520.
(2) Armentières à Belleisle. Warburg, 5 août 1759 Archives de la Gue:.». vol, 35°0,
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