DISCUSSION SUR LA CONSERVATION DE MUNSTER
plus de 40.000 fantassins et 11.000 cavaliers montés, soit en y ajoutant les troupes légères, d'ailleurs fort délabrées, un grand total de 5#.000 combattants. Son adversaire n'en avait pas autant : « La supériorité de l’armée francaise, écrivait Ferdinand au commencement de novembre (1), sur celle de S. M. est avouée de tout le monde. On sait le nombre des bataillons et des escadrons de l’un et de l'autre... le pied de l'armée alliée ne surpasse pas 54.000 hommes et il m'a fallu en employer une bonne partie pour les garnisons de Minden, de Lippstadt et de Hameln. » Dans une lettre du 11 octobre (2), Ferdirand évalutit à 17.900 hommes les troupes servant en Westphalie; depuis lors, il avait expédié à Imhoff un nouveau détachement de 3.000 ; aussi en faisant la part d'atténuations de calcul nécessaires pour justifier la demande de renforts qu'il adressait au cabinet anglais, est-il difficile de lui attribuer plus de 40.000 hommes sur la Lahn. Les deux armées souffraient du froid ei du mauvais temps, les chevaux beaucoup plus que les hommes (3) qui avaient du bois en abondance et étaient bien baraqués. Un des premiers soins de Broglie avait été de faire venir des capotes et des gilets en magasin à Francfort pour les distribuer aux soldats.
Jusqu'à quelle époque serait-il possible de conserver Giessen et Munster? Telle était la question qui se débattait entre le ministre de la Guerre à Versailles et les généraux des armées d'Allemagne. « Nous connaissons tous, écrivait Belleisle (4), combien il eût été utile de pouvoir occuper en force Munster pendant l'hiver. » Mais des
(1) Ferdinand à Holdernesse, Kroffdorf, 7 novembre 1759. Record Office. (2) Ferdinand à Holdernesse, Kroffdorf, 11 octobre 1759. Record Office. (3) Broglie à Belleisle, Klein Lines, 5 novembre 1759, Archives Guerre
Granby à Holdernesse, Kroffdorf, 13 novembre 1759. Record Office.
(4) Belleisle à Broglie, 10 novembre 1759. Archives Guerre. Alleruagne, 3025,
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saisons politiques avaient fait décider le maintien du gros de l’armée du côté du Mein et de la Lahn, aussi bien que le renvoi de 2% bataillons en France. Cela étant, «il n'y a pas assés d'étoffe pour tenir Munster avec une garnison süffisante, avec laquelle mêine il serait impossible de communiquer; d’y en laisse: une médiocre, c’est l'exposer à ane perte certaine. Les ennemis ont actuellement 6 à 7.000 prisonniers à nous. Il serait bien imprudent d'en augmenter encore le nombre presque avec certitude, c'est ce qui m'a déterminé à mander à M. d'Armentières de sc borner à mettre dans Munster les munitions et les vivres nécessaires pour jusqu'au mois de janvier, afin de pouvoir tenir dans cette ple.ce jusques à la fin de cette campagne. » Pour effectuer ce ravitaillement partiel, Armentières aurait besoin d’être supérieur à Imhoff; aussi si le prince Ferdinand envoyait de nouveaux détachements en Westphalie, Broglie était-il invité à faire de même, tout en choisissant pour ce renfort ce qui restait des 24 bataillons destinés à rentrer en France. Mais le commandant en chef n'entendait pas acquiescer à cette demande; hypnotisé par l'ennemi qu’il avait en face de lui, il craignait de s’affaiblir et écrivait à Armentières qu'il ne pourrait lui faire parvenir des secours qu'après la dislocation de sa propre armée.
C2 moment qui était en réalité encore loin paraissait proche, car les intempéries de la saison et les difficultés d'approvisionnement rendaient la situatiun des troupes cantonnées le long de la Lahn de plus en plus pénible. « Vous avez, Monsieur, écrivait Guerchy (1), depuis quelques jours les pieds bien chauds ; il n'en est pas de même des nôtres qui sont bien humides depuis que vous nous avez quittés et que vous avez été remplacé par une pluie
(:j) Gourchy à un ami, Klein Lines, 13 novembre 1759. Archives Guerre, Allemagne, 3525.
gros bien , il arnile de poser t6 à d'en c'est de se rivres uvoit ne. »
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