‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 328 sur 361 · ENTRÉE EN CAMPAGNE DES RUSSES · texte numérisé non relu

ENTRÉE EN CAMPAGNE DES RUSSES

ribuait ger le plan de campagne, et qui n'avait nulle confiance rtie de aux Russes, m'a assuré que leur armée serait de soixante || l'autre. mille hommes, en bon état, et qu'il ne doutait point qu'elle | e com- ñ’exécutât le plan projeté. L'assurance que m’en a donné dre en cet officier et sa confiance me font d'autant plus de plaisir, l’armée que j'étais bien éloigné de croire qu’on püt tirer un grand et par parti de cette armée. »

prince Bientôt les faits parurent justifier cette appréciation : 1conie. : Boisgelin, qui remplissait les fonctions d’attaché militaire on des auprès de Daun, annonçait (1) l’arrivée au camp de Schurtz art (1) d'un officier envoyé par Fermor, avec l'avis que la pre- : « Le mière division moscovite serait à Posen le 1°" juin, et que | celui- toute l’armée y serait concentrée vers le 15 de ce mois. 4 e j'es- Entre temps Montazet avait rallié le quartier général, et | ère, et aussitôt le contact repris, adressait (2) son rapport au mi- | mou- | nistre : On était en correspondance avec le camp russe, l'Elbe ; mais la discussion, encore ouverte sur le point de jonction ux or- et sur la manière dont ell: serait effectuée empêchait de tat de ; s'arrêter à un parti ferme. « M. de Daun n’en sait pas plus l’'Em- aujourd’hui qu’au commencement de la campagne. » Dans feront son embarras il avait expédié le général de Lascy prendre pagne langue à Vienne. Quant au roi de Prusse, il semblait bien ps vis- décidé à ne pas sortir de l'attitude défensive qu'il avait *ilme adoptée ; il augmentait son artillerie dont il venait d’or- Russes ganiser une batterie à cheval; « il préside lui-même tous suadé, les jours à ce nouvel exercice dont nous verrons sans doute éses- quelque échantillon avant de nous quitter. » n. Ce Avant d'entamer le récit de la campagne, il convient de avec dire quelques mots des mouvements des Russes, et du tout changement aussi brusque qu'inattendu de leur général et of- en chef, à la veille de la rencontre avec l'ennemi. Comme rran- (1) Boisgelin à Belleisle. Schurtz, 1‘ juin 1759. Archives de la Guerre, vol, 3517. uerre,

(2) Montazet à Belleisle. Schurtz, 15 juin 1759. Archives de la Guerre, vol. 8517.

d'habitude, les débuts avaient été difficiles. L’attaché français Mesnager, mal disposé d'ailleurs pour Fermor, voit (1) tout en noir. « La jalousie et les cabales règnent toujours entre les généraux, il y en a fort peu sur lesquels on peut compter ; la perte des uns et la retraite forcée des autres a donné lieu à une promotion qui ne se peut exprimer; en deux ans des lieutenants sont devenus brigadiers. Tous les aides de camp, les employés dans les vivres ou la secrétairerie, enfin, tous ceux qui ont accompagné le général. à la bataille sont colonels ou lieutenants-colonels; la plus grande partie n'a pas les éléments du service. Cependant l’armée entre en campagne; ce n’est à la vérité qu'une feinte que le passage de la Vistule, car certainement l'on y restera encore plus de six semaines. Le fourrage manque absolument, la cavalerie et les chevau: d'équipage sont ruinés avant de marcher à l’ennemi, les munitions ne sont point arrivées, les réparations des régiments ne sont pas faites, la grosse artillerie qu'on m'assure être bien peu de chose, est encore à Memel; et la seconde division n’a commencé à défiler de Riga qu'au commencement d'avril. »

Le général en chef, allemand d'origine, luthérien de religion, était jalousé des officiers et n'avait pas la confiance du soldat, dont il s'occupait peu. Cet état de choses était si connu, et le bruit de ses démèlés avec ses lieutenants si répandu dans le public, que Frédéric s'imagina qu'il pourrait renouveler auprès de lui les tentatives de corruption qu'il avait naguère employées avec le chancelier Bestuchew. A cet effet (2), un officier suisse au service hollandais, désigné par le prince Louis de Brunswick, fut chargé d’une mission délicate; il demanderait

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(1) Mesnager à Belleisle. Marienwerder, 29 avril 1759. Archives de la Guerre,

(2) Frédéric à Hecht. Breslau, 21 mars 1759. Instructions cachetées. Co7r'respondance polilique, XVII, 120.

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