INCURSION DU PRINCE HENRI EN BOHÈME
cocpération, ne se laissa-t-il pas troub'er par les incursions du prince Henri en Bohème et contre l’armée des Cercles. {| Cependant, la première avait eu des suites fAcheuses pour | les Autrichiens; le prince Henri avait passé la frontière le 15 avril, détruit les magasins d'Aussig, Lowositz et Leit- || meritz, brûlé 150 bateaux sur l’Elbe ainsi que les ponts de l'Eger, battu les avr. at-postes impériaux, fait prisonnier le général Renard et 2.000 hommes, jeté l'alarme jusque sous les murs de Prague, et était revenu en Saxe le 23 avril après avoir infligé aux Autrichiens une perte que ceux-ci {| évaluèrent (1) à plus de six millions de florins. Quant à {| l'expédition des Prussiens contre l’armée des Cercles ra- | 1 contée dans un chapitre précédent, il est inutile d’en répéter l’heureuse issue; elle détermina l’envoi de Vehla en Lusace avec une faible division, et la diversion plus importante de Gemmingen sur le territoire de la Saxe; elle eut également pour conséquence le rappel de Hadick avec | le gros des troupes autrichiennes détachées sous les ordres \ du duc de Deux-Ponts. Pendant ces événements, Daun demeura impassible dans son camp de Schurtz. | De son côté, le roi de Prusse ne bougea pas de son quar- ï tier général de Landshut, si ce n’est pour prêter son concours à Fouqué contre le général de Ville dans un coup de main que ce dernier évita en rentrant en Bohême. Toutefois, il fallait songer aux Russes, qui, malgré les lenteurs inhérentes à leur organisation défectueuse et les | retards dus à la destruction de leurs magasins, se rassemblaient sur la Vistule. Manteuffel, qui avait remplacé provisoirement Dohna malade et en congé, recut ordre de confier la surveillance des Suédois à son lieutenant Kleist, avec 5.000 hommes, et de marcher avec le reste vers Star- et gard. À cette époque, le Roi ne croyait pas (2) à la jonc-
(1) Boyer à Choïiseul, 11 juin 1759. Affaires Étrangères. Autriche. (2) Frédéric à Manteuffel. Landshut, 16 mai 1759. Correspondance politique, XVII, 228.
| l'intention d'employer au siège de Colberg une partie de leurs forces et d’envahir le Brandebourg avec l’autre. Dans le doute, Manteuffel eut pour instruction de se comporter d’après les progrès de l'ennemi, et de prendre en 114 attendant une position d'observation. Son corps d'armée LE serait renforcé par une division de 10 bataillons et par { deux régiments de cavalerie, que lui enverrait le prince | Henri, aussitôt qu’il serait revenu de son raid en Franconie. | A Vienne, on était plein d’espoir dans la coopération des | alliés. Montazet, de retour dans la capitale, fait part (1) à Belleisle de ses impressions, cett fois optimistes : « Le plan de la dernière campagne doit être la base de celuiki | ci, avec la différence que nous éviterons, à ce que j’es- | père, les fautes que nous avons faites l’année dernière, et 14 que le roi de Prusse sera obligé de faire les mêmes moull vements. Nous aurons de plus l'avantage d'avoir sur l'Elbe ( le corps du général Hadick qui sera entièrement aux ordres de M. le maréchal Daun, et beaucoup plus en état de W faire de bonne besogne que ne l'était l'armée de l’Em- A pire l’année dernière. D'un autre côté, les Suédois feront sans doute pour le moins ce qu’ils ont fait la campagne | passée, et obligeront le roi de Prusse à avoir un corps visnl à-vis d'eux, de facon que si nous manœuvrons comme il me 1 semble qu'on le veut ici, et que d’un autre côté Les Russes | y aillent bon jeu, bon argent, comme on en est persuadé, nous pourrons embarrasser le roi de Prusse, et je ne désespère pas que Berlin ne paye l'incendie de la Bohêm. Ce ne serait pas à la vérité un grand événement, mais avec un ennemi comme celui que nous avons, il faut faire tout le mal qu'on peut... M. de Tillier, homme d'esprit et officier de distinction, qui a été à Pétersbourg, pour arran-
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(1) Montazet à Belleisle. Vienne, 27 mai 1759. Archives de la Guerre, vol. 3516.
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