FERMOR REMPLACÉ PAR SOLTIKOFF
quartier général russe, le firent changer d'avis. Botta avait eu une entrevue avec Soltikoff, le remplacant de Fermor; le nouveau général en chef informait son collègue autrichien qu'il avait été obligé (1) de faire repasser la Wartha aux troupes qui étaient sur la rive gauche de cette rivière, et de se fortifier dans une position sur la rive droite, les Prussiens étant à portée de lui du même côté, Il ajoute qu’il va envoyer un gros détachement sur l’ennemi, pour savoir véritablement quelles sont ses forces et la facon dont il est campé, et que, lorsque tout sera disposé pour le mieux, il lui /à Daun) en fera part afin de suivre le plan projeté. » Les appréciations de l’Autrichien, flatteuses pour l'armée moscovite, ne le sont guère pour leur chef : « M. de Botta a trouvé l’armée russe, on ne peut pas plus belle. Lile a une quantité prodigieuse de canons; s’il a rapporté une bonne idée des troupes, il n’est pas trop bien prévenu en faveur de M. de Soltikoff. Il en a jugé le jour que les Prussiens se montrèrent auprès de Posen, au nombre de 10.000 hommes, ce qui porta la plus grande confusion dans le camp des Russes; et, malgré cela, ce général ne se montra nulle part. Ce fut M. de Fermor qui fit toutes les dispositions et qui tâcha de remettre l'ordre, de façon que M. de Botta..... a beaucoup meilleure opinion de M. de Fermor que de M. de Soltikoff, » Et Montazet de conclure :
« Que devons-nous donc espérer de cette armée, si ce n’est
qu'elle occupe 30 ou 40.000 Prussiens toute la campagne?
et je trouve que ce sera beaucoup faire à elle, si elle rem-
plit cet objet jusqu’à la fin d'octobre sans recevoir d’é-
chec. »
A partir du 30 juin en effet, Fermor avait cessé d'exercer
le commandement suprême qu’il céda à Soltikoff, tout en consentant à servir sous lui, et à lui prêter l’aide de son
(1) Montazet à Belleisle. Gerlachscheim, 9 juillet 1759. Archives de la Guerre,
LA
nn
expérience et de ses conseils. Le nouveau commandant en chef, âgé de 60 ans, encore très actif, sans grande expérience de la guerre, devait sa nomination à la faveur dont il jouissait à la cour; Russe de la vieille école, orthodoxe fervent, simple dans ses rapports, il sut gagner l'estime du soldat et obtenir le concours obéissant de ses généraux. Mesnager (1) fait son éloge : « Il se peut qu’il ne réunisse pas toutes les qualités d’un général, mais il est heureux, affable, désire l’union, et s’il n'avait pas les mains liées par ses instructions, je crois qu’il entreprendrait volontiers. » Sur le champ de bataille Soltikoff montra peut-être plus de coup d’æil que son preaécesseur, mais dans la conduite générale des opérations, nous le verrons aussi timide, aussi hésitant que lui.
Ce changement inattendu n'était pas de nature à augmeuter la confiance déjà ébranlée des Autrichiens; aussi Montazet, qui évidemment dans l'espèce est l'interprète de la pensée de l'état-major impérial, ne croit pas à la coopération efficace des alliés et préférerait laisser à chacun son initiative. Telle devait être aussi la manière de voir de Daun. Il venait d'apprendre par Botta (2) que les Russes n'étaient pas en état de faire campagne; leur parc d’artillerie élait encore en arrière, leur service de commissariat très imparfait, et il serait imprudent de compter sur leur arrivée aux bords de l'Oder à la date indiquée. Ces impressions répétées devant Springer et rapportées aussitôt à Soltikoff, donnèrent lieu à de vives protestations (3) de la part de ce dernier. Il affirma derechef son intention de remplir exactement le programme de campagne concerté entre les deux cours, cita, comme
(1) Mesnager à Belleisie. Francfort, 9 août 1759. Archives de la Guerre,
(2) Rapport de Springer, 10 juillet 1739. Masslowski, LIT. Pièces annexes.
(3) Réponse de Soltikoff au rapport de Springer. Massiowski, II, Pi'ces annexes.
dant en e expéur dont thodoxe
time du
néraux.
réunisse eureux, liées par ntiers. »
tre plus -onduite
timide,
> à AULns; aussi ‘prète de à la coo- \ chacun de voir les Rusarc d’arcommiscompter diquée.
pportées rotestalerechef mme de
comme
ks annexes.
II, Piïces