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l'aile gauche des Prussiens, qui formait plus des deux tiers de leur armée, était en pleine déroute. Seuls les 8 bataillons de Kanitz et la cavalerie de la droite, dont le rôle s'était borné à des démonstrations inutiles du côté d'Eichmühle et de Nikern sans franchir le ruisseau, avaient conservé leurs formations; ils couvrirent la retraite qui se fit jusqu'au cours d’eau de Mosau et se continua le lendemain jusqu’à l'Oder. L'armée battue fut assez mollement suivie par les irréguliers de Todleben qui ramassèrent des trainards et quelques bagages.
Aux vaincus l'affaire coûta, d’après leurs états officiels, 1.428 officiers et soldats tués; 4.556 blessés, 2.16% prisonaiers ou disparus, en tout 238 officiers, et 7.910 soldats; parmi les tués le général Wobersnow, au nombre des blessés Les généraux Manteuffel et Gablentz. Treize canons, 2 étendards et 2 drapeaux restèrent en possession des vainqueurs. Ces chiffres, tout au moins pour le détail, ne sont pas d'accord avec ceux des Russes, d’après lesquels ils auraient enterré sur le champ de bataille #.220 cadavres prussiens; par contre, ils n'auraient recueilli que 1.200 blessés et enregistré seulement 1.495 prisonniers ou déserteurs. Les pertes de l’armée russe se montèrent à 900 tués (1), 3.904 blessés, soit environ 5.000 de tous rangs.
En résumé, la bataille de Paltzig ou de Kay, livrée mal à propos, sans étude suffisante du terrain, conduite sans méthode pendant l’action, se réduisit à un engagement des plus sanglants entre 20.000 Prussiens et 26.000 Russes, où les premiers perdirent 40 0/0, les seconds 20 0/0 de leurs effectifs. Du côté des Russes, toutes les armes se distinguèrent, l'infanterie par sa solidité et sa puissance de résistance, la cavalerie par la vigueur et l'opportunité de ses charges, l'artillerie par l'intensité et la précision de son tir. Soltikoff, bien secondé par Fermor, montra du
(1; Chiffres donnés par Tettau.