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Dans sa réplique (1), Frédéric se montre à la fois net et affectueux : « Le principal est présentement de nous défaire des Russes... Dès que nous en serons débarrassés, nous serons toujours à même d'envoyer d’abord un corps de troupes dans le Halberstadt, s’il en est besoin. Je vous assure, mon très cher frère, que je ne vous mande pas tous les embarras que je rencontre ici... Ne me grondez pas, je vous prie, ce n’est, Dieu sait, pas ma faute; je m’en rapporte aux chiffres. Si je vous parlais une demi-heure, je vous expliquerais tout. »
Obéissant aux ordres donnés, le prince Henri parvint à Sagan dans la nuit du 28 au 29 et y rallia la division du prince de Wurtemberg ; il en repartit presque aussitôt pour le quartier général de Schmottseifen, où il prit le commandement des troupes affectées à la garde de la Silésie. Frédéric, après une entrevue de 2 heures avec son frère (2) auquel il laissa des instructions écrites, alla le remplacer à Sagan; il n’amenait avec lui que le général Seydlitz, mais il y trouva 20 bataillons et 35 escadrons prèts à se battre contre les Russes, 20 pièces de gros calibre, et la batterie à cheval qu'il venait d'organiser. Il était encore mal renseigné sur la distribution des difrérents corps ennemis qui agissaient autour de lui, car dans ses lettres à Wedell (3) etau prince Henri, il parle de Hadick comme étant encore en Lusace et de Finck, comme « devant couvrir Torgau contre Hadick et les entreprises des Autrichiens. » Le 31 juillet seulement, Frédéric apprit (#) par une dépèche interceptée, que Laudon était en route
(1) Frédéric à Henri. Sehmottseifen, 25 juillet 1759. Correspondance politique, XVIII, p. 449.
(2) Katt. Journal, p. 393. Mitchell à Holdernesse. Schmottseifen, 24 juillet 1754. Mitchell Papers.
(3) Frédéric à Wedell et au prince Henri. Sagan, 30 juillet 1759. Correspondance politique, XVIII, 460, 462.
(4) Frédéric à Finck. Christianstadt, 31 juillet 1759. Correspondance politique, XVII, p. 464.