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nemi peut ètre à Berlin dans deux ou trois jours; vous y enverrez tout ce que vous jugerez devoir, et vous ferez savoir sous mains aux gens aisés de s'en aller pendant ce temps de crise, avec leurs meilleurs effets et capitaux, à Hambourg. »
Dès la matinée du 13 août, les généraux prussiens essayèrent de remettre quelque ordre dans la troupe, qui n'était qu'un ramassis confus de soldats appartenant à toutes les armes et à tous les corps; à quatre heures de l'après-midi, le passage de l'Oder, jusqu'alors rigoureusement interdit, fut commencé ; 1l s'accomplit sans être troublé par l'ennemi. Aussitôt l'opération achevée, les ponts furent repliés et les débris de l’armée campèrent sur les hauteurs de Reitwein. Ici, soit que sa constitution physique n’eût pas pu supporter le contre-coup des émotions de la journée de Kunersdorf, soit que l’affaiblissement du moral eût fait renaître les idées de suicide qui le hantaient dans les heures d’abattement, Frédéric prit la résolution de céder le commandement de l'armée au général Finck, celui de ses lieutenants présents et valides qui lui inspirait le plus de confiance. Le ton des instructions rédigées pour Finck laisse voir (1) le plus profond découragement. « L'armée infortunée, dans l’état où je La lui remets, n'est plus en situation de se battre avec les Russes. Hadick va se hâter d'aller à Berlin, peut-être Laudon aussi. Si le général Finck les suit, les Russes lui viendront à dos; s’il reste sur l'Oder, il attirera Hadick de ce côté. Étant données les circonstances, je crois que, si Laudon se décide pour Berlin, on pourra l’attaquer en route et le battre. Un événement de ce genre, pourvu qu'il tourne en notre faveur, serait un point d'arrêt dans nos malheurs, et suspendrait le cours des affaires. Du temps gagné est beaucoup dans les
(1) Instructions pour Finck, sans date. Correspondance politique, XVII, p. 483. L'éditeur de la correspondance attribue à cette pièce la date du 13 dans l'après-midi ou du 14 août dans la matinée.