‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 66 sur 361 · ÉMOTION AU IANOVRE ET EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ÉMOTION AU IANOVRE ET EN ANGLETERRE

sition de sa cavalerie défectueuse; celle-ci a chargé toute à la fois sans laisser de soutien, de là confusion et échec. Le prince Ferdinand (1) fait sur la rencontre les réflexions suivantes : « Je crains que sa perte (celle du prince d’Issemburg) n’aille jusqu'à la moitié de tout son corps, entre tués, blessés et prisonniers, et que, quoique nos gens aient combattu en désespérés et que l'ennemi ait fait une perte des plus considérables, l'électorat de Hanovre ne lui soit maintenant ouvert, n'ayant eu d'autre barrière que celle que le corps du prince d’Issemburg pouvait opposer. » Dans une lettre de Belleisle à Stainville (2), nous trouvous la reproduction de ce qui devait être l'impression à Paris : « L’avantage qu’a remporté M. de Broglie sur le prince d’Issemburg a été médiver: en soi et je crois que nous avons plus perdu que l'ennemi. M. de Broglie qui a voulu faire parler de lui s’est beaucoup commis, mais la volonté des troupes à répondu à la sienne et nous y avons acquis la réputation des armes qui est un grand point dans la circonstance après tout ce qui s’est passé depuis un an. »

Ainsi que le prévoyait Belleisle, l’effet moral du combat de Sandershausen fut important; il produisit au sein du conseil de régence de Hanovre, et même jusque dans le cabinet de Londres, une émotion dont le prince de Soubise ne s. douta peut-être jamais. Les ministres hanovriens coururent se réfugier à Stade; le président M'inchhausen informa (3) Newcastle de cette fuite en ajoutant, sans doute pour l'expliquer, qu'Issemburg s'était retiré à Hameln avec 1.500 hommes et que « tout notre pays est à la merci des Français ». De son côté, Ferdinand demanda (#), comme mesures urgentes, l'embarquement pour l'An-

(1) Ferdinand à Holdernesse. Wassenberg, 28 juillet 1758. Record Office.

(2) Belleisle à Stainville, 11 août 1758. Archives de la Guerre, 3480.

(3) Münchhausen à Newcastle, 1 août 1758. Newcastle Papers, 32882.

(4) Newcastle à Hardwicke, 2 août 1758. Newcastle Papers, 32882. Cette

lettre donne l'analyse des demandes de Ferdinand et le récit de ce qui s’est passé dans le comité,

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gleterre de 7.000 prisonniers français détenus à Stade, l'envoi d’un ou deux bataillons anglais comme garnison de cette ville et enfin une croisière de quelques frégates à l'embouchure de l’Elbe. Un comité composé de Newcastle, Pitt, Granville et Holdernesse, se réunit aussitôt pour examiner ces requêtes qui, à l'exception de la dernière, furent repoussées malgré une plaidoirie de Newcastle. Pitt s'était refusé énergiquement à l'accroissement des contingents britanniques affectés à la guerre du continent : La cour de Saint-James, cédant aux sollicitations de Ferdinand, avait consenti successivement à lui accorder un bataillon pour occuper Embden, puis une brigade de cavalerie et enfin une brigade d'infanterie pour renforcer l’armée du prince. Ces troupes, qui atteignaient un total de 8 à 9.000 hommes et dont les dernières étaient parties d’An- | gleterre vers la fin de juillet, avaient débarqué et étaient en marche pour le rejoindre; il serait impossible de détacher | d’autres régiments sans affaiblir le corps expéditionnaire | destiné à opérer sur les côtes de France. En outre du coût 1 des troupes nationales, le budget anglais entretenait en Allemagne une armée de 50.000 hommes; le sacrifice en faveur du Hanovre était suffisant, et il ne convenait pas de le dépasser; peut-être si l'augmentation des effectifs était indispensable, pourrait-on prendre à la solde anglaise # à 5.000 Bavarois que leur souverain était disposé (1) à offrir à la Grande-Bretagne.

Pour avoir été chaude, l'alarme ne fut pas de longue durée. Soubise, qui était arrivé à Cassel le lendemain de l'affaire de Sandershausen, y resta inactif pendant plus de trois semaines et se contenta de pousser quelques découvertes du côté du Weser. Issemburg put réorganiser à loisir

(1) À ce moment, l’Électeur de Bavière recevait des subsides de la cour de France pour l'entretien d'un corps de 6,000 hommes dont les débris servaient avec l’armée autrichienne en Moravie.

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