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RÉSUMÉ DE LA CAMPAGNE

impressions très désavantageuses pour le bien de la cause commune, que je n'ose indiquer, mais qu'il est aisé de deviner ». Ferdinand le prit de haut avec le diplomate prussien (1) : « Quoique je ne doute ni des soins que vous prenez à cet égard, ni de vos talents, ni de votre suffisance, Sa Majesté britanniqne aurait cependant pu, par la confiance même dont elle m'honore, trouver mauvais, si je n’eusse pas eu :a vanité de croire, qu'en fait d’opérations militaires je devais parler moi-même. » En dépit de ses instances, le prince ne put obtenir du gouvernement anglais le renfori qu'il sollicitait. Quant au roi de Prusse, à défaut de soldats, il gratifia son ancien lieutenant du grade de felä-maréchal.

Le. seconde campagne de 1:58 était définitivement close. En résumé, malgré les échees de Sandershausen et Lutterberg, la supériorité restais acquise au prince Ferdinand. Sans doute il avait dû repasser le Rhin, mais il avait ramené son armée intacte, effectué sa jonction avec les Anglais, tenu tête pendant l'automne à des forces plus nombreuses, ct conservé pour ses quartiers d'hiver les provinces dont ses succès du printemps lui avaient valu la possession. Du côté de la France, tel était le découragement à la suite des défaites et des reculades de Clermont, tel était le manque avéré de sujets capables, qu'on sut gré à Contades de n'avoir pas été battu, et d’avoir rétabli, daus une certaine mesure, le moral et la discipline des troupes. On aurait souhaité voir l'ennemi repoussé jusqu'au Weser, on aurait voulu lever des contributions en Hanovre, vivre le plus longtemps possible aux dépens des confédérés, mais on n'esa pas suggérer des quartiers d'hive: en Westphalie ou en Hesse. La correspondance échangée entre le ministre et les deux généraux français indique

(1) Ferdinand à Knyphausen. Muns!:, 20 décembre 1788. Geh. Staats. Arch. Berlin.

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que, dès le mois de septembre, toutes les autorités militaires étaient d'accord sur la nécessité du retour au Rhin pour la fin de la saison. Au surplus, il faut reconnaitre que Contades, sans faire preuve de grande initiative, s'acquitta convenablement de son rôle; il s'effaça devant Soubise et lui donna un concours loyal. En travaillant ainsi à la gloire du protegé du Roi et de l’ami de la favorite, il fit plus pour sa propre cause que s'il eût remporté des victoires. D'ailleurs ses billets à Castries, membre influent de la coterie, nous montrent un homme très soucieux de faire sa cour à la marquise.

Peu de temps après la nomination de Contades au commandement de l’armée, commence le commerce épistolaire (1) : « Je suis en correspondance avec M” de Pompadour; elle me marque beaucoup de bonté que je vous dois et j'en suis bien aise; elle me mande qu'elle aime les honnêtes gens, et je me flatte que je ne démériterai pas auprès d'elle. » L'échange de lettres devient de plus en plus fréquent ; il iui écrit trois fois par semaine et recoit régulièrement ses réponses. « M"° de Pompadour continue (2) à me marquer ses bontés.. elle ajoute que l'on cherche à me faire des tracasseries de plus d’une espèse, mais qu'elle voit avec plaisir que ma tête est faite de façon que je suis occupé du bien et que je m’embarrasse peu des critiques; elle a la bonté de m'écrire par tous les courriers, et il en arrive au moins de deux jours l’un. » La grande dame ne se borne pas à soutenir le général de sa sympathie; elle lui confie parfois son opinion sur la conduite de la campagne : « M"° de Pompadour ne veut pas (3) que je prenne de parti violent, elle entre dans le détail de toutes les raisons qui la déterminent à penser de cette façcon-là. »

(1) Contades à Castries, 30 juillet 1758. Arch. de la Guerre, 3479. (2) Contades à Castries, 23 septembre 1758. Arch, de la Guerre, 3483. :(3) Contades à Castries, 21 octobre 1758. Arch. de la Guerre, 3485.

CORRESPONDANCE DE Mme DE POMPADOUR AVEC CONTADES. 193

Ces extraits suffisent pour illustrer le soin que mettait l’amie de Louis XV à se tenir au courant du moindre incident de la stratégie militaire, aussi bien que des intrigues des camps, et à conserver, grâce à sa connaissance intime de tous les rouages, l'influence prépondérante

qu’elle avait conquise dans les conseils du Roi et dans la direction des affaires.

GUERRE DE SEPT ANS. = T. Il.

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