‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 105 sur 385 · SUCCÈS DE LA POLITIQUE DE KAUNITZ · texte numérisé non relu

SUCCÈS DE LA POLITIQUE DE KAUNITZ

mité de la capitale prussienne que par le nombre de s0ldats qui y seraient emplovés.

En butte à ces attaques concentriques, étouffé dans un cercle de fer qui irait toujours en se rétrécissant, privé, au fur et à mesure qu'il perdrait du terrain, de ses ressources en hommes et en argent, Frédéric devrait succomber devant le nombre et subir la dure loi du vainqueur, A la ligue formée contre lui que pevait-il opposer”? Son unique allié, l'Électeur-Roi George L, à en juger d'après les pourparlers pour la neutralité du Hanovre, n’avait que peu de foi dans la cause; l'Angleterre, disposée à de gros sacrifices pour la lutte contre la France, ne se souciait pas d'intevvenir sur le continent. Elle avait refusé jusqu'alors d’engager ses nationaux et s'était contentée de prendre à sa solde quelques bataillons allemands. Un concours aussi parcimonieux ne pèserait guère sur le sort des batailles. Sans doute Frédéric avait profité, lui aussi, de la trève d'hiver pour recruter ses forces et en augmenter les cadres; mais quelles que pussent être la valeur de ses soldats, l'excellence de leur organisation, l'habileté de ses généraux, leur serait-il possible de lutter victorieusement contre des adversaires trois fois plus nombreux? Cela paraissait peu probable. Aussi comprend-on les illusions des nouveaux confédérés, et excuse-t-on la confiance superbe avec laquelle ils se partageaient les dépouilles d’un ennemi encore debout.

Marie-Thérèse et Kaunitz avaient, il faut le reconnaitre, le droit de se féliciter des résultats acquis. L'entreprise rèvée depuis tant d'années, abandonnée naguère, tant le succès semblait invraisemblable , avait réussi : La France, de rivale était devenue amie; bien plus, lâchant la proie pour l'ombre, elle avait négligé son premier et véritable adversaire, l'Angleterre, pour se mettre aux trousses de l’Impératrice et courir sus avec elle à son ancien allié. Ce revirement en avait entrainé d’autres; avec la France

RE q— *

ct

Lan LEE

étaient venus ses satellites. Grâce à l'appui de la cour de Versailles, grâce à celui de la grande puissance du nord, on avait pu enrégimenter contre l'ennemi détesté, contre le spoliateur de la Silésie, la moitié de l’Europe. La tache de la diplomatie était terminée, et bien terminée; aux armes maintenant d'achever l’œuvre commencée.

ne

rs

M, jt #1

Page 1