GROUPEMENT DES ÉTATS ALLEMANDS
Bourbon par des liens multiples de voisinage, d'intérêt et de religion, pour ne pas appuyer chaleureusement la nouvelle alliance.
Restaient les États protestants du Nord, le Brunswick, le Hanovre, la Hesse-Cassel et les petits duchés saxons. Plus éloignés du danger, plus dominés par le prestige de Frédéric, ils restèrent fidèles à sa cause. Ce fut en vain que le chevalier de Folard fut dépèché à deux reprises (1) à Cassel avec l'offre d’un traité de neutralité ou de subsides; le vieux landgrave refusa tout compromis, ets'efforça même de former une ligue pour défendre la religion protestante contre les empiétements et les attaques de la maison d'Autriche (2).
Cette tentative vint échouer contre l'inertie de la régence du Hanovre, qui, très partisane comme on le sait de la vieille politique, n'avait pas perdu l'espoir d'un revirement, et ne se souciait pas de mécontenter la cour de Vienne. Cependant, après le rejet définitif du projet de neutralité présenté par Colloredo au mois d'avril 1757, les pourparlers furent renoués et, en attendant leur issue, les contingents de la Hesse, du Brunswick et de Saxe- Weimar, vinrent se joindre aux troupes rentrées d’Angleterre, et constituer l’armée d'observation sous les ordres du duc de Cumberland.
A l'encontre de ces princes, le duc de Mecklembourg, qui avait eu fort à se plaindre des procédés de Frédéric et jui avait adressé à ce sujet une plainte à la Diète, demeure, l'adversaire de la Prusse et accepta les subsides de la France (3).
En résumé, au printemps de 1757, à l'exception des quelques États du nord de l'Allemagne que nous venons
(1) En février et avril 1757. Correspondance Polilique, vol. XIV, pages
(2) Voir Hermann Mayer. Ouvrage déjà cité.
(3) 11 signa avec la France un traité qui porte la date du 1°" avril 1757.
de citer, tout l'Empire avait répondu à l'appel de son chef, et se préparait, lentement, lourdement il est vrai, à entrer en ligne contre le roi de Prusse.
La vieille lutte entre Marie-Thérèse et Frédéric, dont la conquête de la Saxe et l4 bataille de Lowositz avaient été le premier acte, allait reprendre avec un acharnement nouveau; mais les chances de succès se dessinaient tout autres pour la cause impériale. En septembre 1756, l'Autriche n'avait pu opposer à une attaque longuement et méthodiquement préparée, que ses propres forces, incomplètes et mal organisées. Les traités sur lesquels elle comptait n'étaient pas encore signés, ou tout au moins n'étaient pas entrés dans la période d'exécution. Au printemps de 1757, il n’en était plus de même; l’armée impériale recrutée pendant l'hiver, munie de son artillerie, de ses magasins, de ses moyens de transport, semblait en état de protéger la Bohême et de tenir tête aux Prussiens en attendant les diversions des autres confédérés. A l’est, les Russes, enfin mobilisés, étaient concentrés sur la frontière de la Prusse ducale dont ils annoncaient l'invasion. Ils n'avaient en face d'eux que ie corps relativement faible de Lehwaldt dont ils devaient avoir facilement raison. Au nord de l'Allemagne, la grande armée française avait déjà franchi le Rhin et occupé une partie de la Westphalie; l’infériorité des forces du duc de Cumberland, leur peu d'homogénéité, l’irrésolution de la régence du Hanovre, faisaient prévoir une victoire des Français, qui, débarrassés de leurs premiers adversaires, seraient libres de se porter sur l’Elbe et de menacer Magdebourg. Plus au sud, vers Erfurt, se réunissait l’armée des Cercles composée des contingents des princes et États de l’Empire. Renforcées d'une division auxiliaire française et de quelques Autrichiens, ces troupes étaient destinées à pénétrer en Saxe. Enfin, du côté de la Poméranie, on pouvait escompter une incursion suédoise, dangereuse plus encore par sa proxi-
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