‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 111 sur 385 · RÉGIME DU SOLDAT AU CANADA · texte numérisé non relu

RÉGIME DU SOLDAT AU CANADA

des souliers de peau de cerf ou de chevreuil qui leur montent jusqu'à mi-jambes. »

Pour le militaire francais, le service en Amérique présentait des avantages : « Il y a plaisir de faire la guerre dans le Canada, on n'est inquiété ni de chevaux, ni d'équipages d’avcune facon, le Roi pourvoit à tout... Il faut aussi convenir que, s’il n’en coûte rien, on le rachète d'autre facon en ne voyant à chaque repas que du lard et des pois; heureusement que les lacs fournissent beaucoup de poisson , l’officier ainsi que le soldat est obligé de faire le métier de pêcheur. » Il est vrai qu'il y à le revers de la médaille : « Si nous n'avions pas la campagne gratis, il serait presque impossible de se tirer d'affaire pendant son quartier d'hiver, les denrées y étant hors de prix. Je suis persuadé que le ‘renfort arrivé nouvellement de France va augmenter considérablement les auberges, et qu’elles iront à 200 francs par mois. »

En campagne l'ordinaire du soldat n'était pas luxueux (1): il touchait par mois 60 livres de pain, 15 livres de lard, 7 livres et demie de pois, un pot d'eau-de-vie et une livre de tabac; l'officier, en plus des mèmes rations, avait droit à 15 pots de vin, 10 livres d'oreilles de cochon, un jambon, du riz, des prunes, de la cassonnade, du fromage, et enfin à 2 livres de poudre et 4 de plomb.

Aussitôt rendus à Montréal, Montcalm et ses compagnons firent la connaissance des Indiens qui, comme auxiliaires, avaient joué jusqu'alors un rôle important dans les luttes du Nouveau-Monde. « Les sauvages, écrit-il (2) à sa mère, paraissent assez bien disposés pour nous; ce sont de vilains messieurs, même en sortant de leur toilette où ils passent leur vie. Vous ne le croiriez pas, mais les hom-

(1) Règlement des vivres et rafraichissements de campagne aux officiers et soldats des bataillons de la colonie. Archives de la Guerre. Canada. 1756.

(2) Montcalm à Madame de Saint-Veran. Montréal, 16 juin 1756. Colleclion particulière.

Re eme à

Page 1