KAUNITZ A L'ARMÉE DE DAUN
du 6; il décrit (1) les premiers revers des Autrichiens, la percée de leurs lignes par les troupes du Roi, la débâcle finale, la division de l’armée impériale en deux troncons. « Tous les corps furent renversés les uns sur les autres, coupés, séparés, dispersés ou environnés, enfin dans une déroute totale; les régiments d'infanterie, 12 régiments de cavalerie de cette aile, ainsi que tous les hussards de l'armée , se replièrent sur Beneschau, où ils sont actuellement faisant un corps de 15,000 hommes tout au plus, délabrés, sans tentes, sans équipages, plusieurs sans armes, sans habits, sans chapeaux, enfin, indépendamment de leur consternation, entièrement hors d'état de service. Le reste de l'infanterie, avec le seul régiment de Lichtenstein, nous le croyons dans Prague, n'ayant jusqu’à ce moment aucune nouvelle de Son Altesse Royale que nous croyons cependant s'y être jetée aussi pour sa personne, ainsi que le maréchal de Browne dangereusement blessé à la cuisse. Nous ne savons rien de certain du nombre des prisonniers, et ce qui est presque pis que tout cela, c'est que nous ignorons entièrement ce &ue peut avoir fait, ou compte faire, Son Aitesse Royale des débris de cette malheureuse armée... J'ai passé depuis une partie de la nuit avec le maréchal (Daun) pour voir ce qu’il peut y avoir à faire. Je dois des éloges à son zèle et à sa prudence; je l’assiste et l’assisterai de mes faibles avis autant que je le pourrai et qu'il le trouvera bon. » Suit le détail des mesures arrêtées avec Daun pour la réorganisation des troupes, pour la retraite éventuelle de son corps d'armée , et pour l'évacuation des magasins.
Kaunitz rentra à Vienne le 11 mai. Le surlendemain il écrit à Stahremberg; en dépit des angoisses du moment il n'oublie pas de le féliciter de sa part dans le nouveau traité d'alliance, dont la conclusion était venue fort à
(1) Kaunitz à l'Empereur, 9 mai 1757. Copie de cette dépêche fut envoyée à Stahremberg. Archives de Vienne.