BROGLIE A VIENNE
que certainement pas combien elle a lieu d'en ètre méconl’at- tente; elle a même ajouté avec une bonté inconcevable, en ous | parlant de la journée du 6 et de celles qui l’ont précédée : >, et «Je ne veux blâmer personne de tous les malheurs qui nous | arrivent : il serait trop dur pour des sujets qui sacrifient que leur vie pour moi de les juger sur les événements; ils e ne | peuvent s'être trompés, mais je suis sûre qu'ils ont fait de l'en- leur mieux. » La tonfiance entière que l'Impératrice-Reine intes | a dans l’amitié du Roi, a éclaté de sa part avec une simen le plicité et unesincérité admirables : Elle m'a dit en propres termes qu'elle n’espérait de secours réels que de sa part, gnalt | qu’elle connaissait sa générosité, et qu’elle ne craignait , était pas que Sa Majesté, instruite du mauvais début de la campitale pagne, en fût moins disposée pour cela à la soutenir. ent à J'ai lieu de désirer ensuite, a ajouté cette princesse, que le ou le Roi juge à propos d'envoyer directement en Bohême ou t une sur la Saxe un corps considérable de troupes, et je pense forma que ce serait le seul moyen de venir à bout de notre ene, de- nemi commun; mais je ne le demande qu'autant que e son cela convienne aux intérêts de Sa Majesté ; ils ont trop de eure, relation avec les miens pour que rien ne puisse les séparer. cam- | Je gagnerais cependant beaucoup à voir arriver à côté de cour, mon armée des troupes françaises capables de lui donner te ac- un bon exemple, dont il faut avouer que les miennes ont la ca- | un peu besoin. »
. Les De la souveraine, Broglie passe aux ministres; il a déjà vie et traité la question stratégique avec Kaunitz, il lui a remis
un mémoire sur la défense de Prague et sur les instructions pour Daun. Ses appréciations sont des plus sombres : Parmi l'entourage de l'Impératrice, Kaunitz seul est à la hauteur; « le maréchal Neuperg, sur qui roulait tout ce qui a rapport au militaire, est accablé des reproches et de la haine de toute la nation... L'Impératrice, qui connait son opposition constante à tout ce qu'il na pas proposé lui-même, sa lenteur à exécuter les ré-
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solutions qu'on parvient à lui faire prendre... et qui ne le souffre que par condescendance pour l'Empereur dont il a été le gouverneur, a chargé M. le comte de Kaunitz de veiller à l'exécution de tout ce qui serait décidé, et l'a autorisé à se mêler même du département du maréchal Neuperg. Mais quoique le chancelier de Leurs Majestés impériales, par l'étendue de son génie et la force de son esprit, soit plus capable qu'un autre dé suppléer au défaut des connaissances de détail qu’il ne saurait avoir sur cette partie, je crains fort qu'il ne puisse pas sufiire au travail immense dont il est surchargé. Il faut convenir que c'est le seul homme qu'il y ait dans cette cour; ses ennemis mêmes en conviennent. »
Puis abordant le chapitre des plans de campagne, Broglie revient sur les vues qu’il avait esquissées à Dresde et pendant son séjour à Paris, « avec la réserve que doit employer tout homme à qui on ne demande pas son avis. » Selon lui, il fallait rester sur la défensive du côté du Hanovre, et porter l'effort principal des armes francaises contre le roi de Prusse. « Je suis totalement de l'opinion où on est ici, et je pense que les circonstances présentes rendent ce parti indispensable. À toutes les raisons qu'on peut alléguer, j'en ajouterai une qui me parait décisive, c’est la nécessité de remettre par notre exemple le courage dans les troupes autrichiennes, et ce qui est également important, d'envoyer, avec un gros corps de troupes, un général capable de diriger même les armées impériales. Quoique la modestie ne soit pas ordinairement fort en usage dans ce pays, vous pouvez compter qu'aujourd'hui on nous regarde comme les sauveurs de la monarchie autrichienne; tout le monde, deruis les maîtres jusqu’au dernier des sujets, crie hautement après nous, et on se soumettra volontiers à obéir à nos généraux et à suivre nc:re direction. »
En attendant l’aide de France et une diversion sur l'Elbe
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