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reprend tous ses droits. Une fois la bataille engagée, pourquoi modifier sans motif, et sous le feu, le plan arrèté? Pourquoi cet emportement au sujet d'observations dont l'événement allait trop démontrer la justesse? Seule l’infaillibilité que suppose la victoire justifie et explique de tels errements; la défaite s’ensuit-elle, on les taxera d’entètement ou de folie. En dépit du dévouement et du respect des Prussiens pour leur Roi, le mécontentement, les plaintes mème se firent entendre jusque dans les rangs des officiers les plus haut placés. À la nouvelle de Kolin, le propre frère du Roi, le prince de Prusse (1), ne craignit pas de laisser éclater devant le maréchal Keith et son étatmajor les reproches indignés et l'inquiétude profonde que lui inspirait la conduite de Frédéric. Le prince Henri, dans un billet particulier (2) il est vrai, s'exprima en termes presque injurieux : « Enfin Phaéton est tombé et nous ne savons ce que nous deviendrons;... cependant Phaéton a eu soin de sa personne et s’est retiré avant que la perte de la bataille fût entièrement décidée ». Un autre frère, le prince Ferdinand, se fit avec plus de discrétion, dans une lettre (3) à sa sœur la princesse Amélie, l'interprète des sentiments de l’armée. « Jamais nous n'avons eu un jour aussi fatal que celui du 18. C’est les suites et le prix des partis pris à la hâte, sans déférence aux conseils des gens expérimentés. »
Frédéric iui-mème sut reconnaitre ses erreurs. « Depuis son arrivée ici, relate Mitchell (4), ila bien voulu me faire
(1) Retzow, Mémoires historiques sur la Guerre de Sept Ans, vol. I. p. 179 et note.
(2) Prince Henri de Prusse à sa sœur la princesse de Prusse, Allemagne. Mémoires et documents 109. Affaires étrangères.
(3) Ferdinand de Prusse à la princesse Amélie. Budin, le 25 juin 1757. Archives de la Guerre. Cette lettre fut trouvée cachetée dans les poches du général de Mannstein qui, blessé, avait été évacué sur la Saxe, et qui fut tué par un parti autrichien.
(4) Mitchell à Holdernesse, 29 juin 1757. Mitchell Papers.
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