‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 181 sur 385 · ABATTEMENT DE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

ABATTEMENT DE FRÉDÉRIC

ART *- le récit de la bataille du 18. 1] dif que la position occupée 5? par les Autrichiens était réellement trop forte... Il avait ‘ it trop peu d'infanterie; ce n'étaient pas d’ailleurs les sol- 4 )- dats de l'ennemi, mais son artillerie, plus de 250 canons ; à le bien placés, qui ont forcé ses troupes à se retirer. » 1 1- Du champ de l'action, le Roi gagna Nimbourg désigné et à - comme point de ralliement; il y arriva le lendemain à | S midi. D’après l'historien Retzow qui servait à l’armée de s Prague, et qui affirme tenir ce détail de témoins oculaires, Le il resta pendent quelques heures plongé dans l'abatteit ment. « Les personnes (1) qui ont vu le Roi à Nimbourg, t- où on le trouva assis sur un tuyau de fontaine :t enfoncé 1e dans de profondes méditations, et celles qui ont eu occa- Ts | sion de lui parler immédiatement après son retour au l- camp de Prague, pourraient seules nous dépeindre la si- 1$ tuation de son âme dans cet affreux moment. » n | Quel que fût le C: ‘espoir et quelque douloureux que te | pussent être les regrets et les remords du vaincu, il puisa Le dans son génie et dans la trempe de son caractère les e ressources et l'énergie nécessaires pour parer aux cones séquences du désastre. De Nimbourg il courut au camp 1 devant Prague; il y donna des ordres pour lenlèvement es du matériel des batteries et pour la levée de l’investisse- S ment. Tandis qu'une partie des troupes de blocus se retirait sous sa conduite à Brandeis sans être inquit‘’e, le maréis chal Keith avec son corps effectua <1n mouvement sur € , Leitmeritz où :l parvint le 24 juin, M. u Hautmont, enfermé

; à Prague avec le prince Charles, fait de la fin du siège le L. récit suivant : « Le 19 au matin, nous apprimes indirectement par un paysan que le roi de Prusse avait été battu: nous n'osions le croire et encore moins l'espérer; le feu

r- des ennemis était toujours très vif et cessa tout à coup de br (1) Retzow, Mémoires historiques sur la Guerre de Sept Ans, vol. I,

p. 179 et note.

(2) Hautmont au ministre, Vienne, 29 juin 1757. Archives de la guerre.

tirer vers midi. Nous vimes arriver peu après beaucoup de chevaux et de chariots pour emmener l'artillerie, et nous sûmes peu de temps après, par les rapports des hauteurs et des tours, qu'elle prenait la route de Brandeiïs, ainsi que les équipages escortés d'infanterie et de cavalerie. Toutes les troupes prussiennes restaient tranquilles dans leur ancienne position. La nuit du 19, un billet apporté par un espion confirma le gain de la bataille du 18 et la retraite précipitée du roi de Prusse. »

Cette marche ne fut pas troublée par l’assiégé qui se borna à la faire surveiller par quelques hussards et Croates. « Le corps de M. le maréchal Keith, continue le narrateur, sur le Weissenberg et toute la rive gauche de la Moldau, restait tranquille dans son camp et sa position: leur pont de la haute Moldau avait été leve pendant la nuit et ils travaillaient à rompre celui de la basse, près de Podbäsoc, pendant que nos généraux rassemblés prirent la résolution d'attaquer ce corps. Les dispositions s'étant exécutées avec la mème lenteur que celle de toutes nos opérations pendant le siège, les troupes ne purent déboucher sur {rois rolonnes qu'après midi. M. de Keith jugeant alors de nos vraies inten.,ons, et s'y étant sans doute attendu plus tôt, fit battre la générale dans son camp qu'ils détendireat avec tant de promptitude qu'en moins de quinze minutes toute sa gauche, comme une partie de sa droite, étaient en pleine marche pour se rassembler vers l'Étoile qui iaisait son centre; ils abandonnèrent leurs redoutes ct retranchements pour se retirer en bon ordre. » Un combat d'arrière-gerde fut livré, dans lequel Hautmont évalue les pertes iles Prussiens à 5 ou 600 hommes, dont 7 à 8 ofliciers tués, et quelques prisonniers. « M. le feld-zeigmestre de Kheul qui commandait l'armée, ayant eu ordre de ne pas trop s’aventurer et de la faire rentrer à Prague avant la nuit, ne put suivre l'ennemi plus loin qu'environ une petite lieue de France. Depuis la retraite

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