LEVÉE DU SIÈGE DE PRAGUE
des Prussiens dans cette partie-là nous avons retrouvé près de #50 de nos blessés à la bataille du 6, tant dans Sainte-Marguerite et l'Étoile que dans les villages sur la route de leur retraite. On en a ramassé beaucoup plus des leurs, que l’on fait monter à 1,500 et que j'évalue à’ 8 ou 900. »
Les Autrichiens se contentèrent d'envoyer à la poursuite ie Keith un détachement de troupes légères et de cavalerie, sous les ordres du colonel Laudon. Cet officier enleva quelques trainards et surprit un convoi de blessés, parmi lesquels le général Mannstein, qui, refusant de se rendre, fut tué par les pandours.
Ce fut seulement le 20 juin à neuf heures du soir que le prince Charles fit son rapport (1) à l'Empereur pour lui annoncer la levée du siège. « J'espère que Votre Majesté rendra assez de justice à mon respectueux attachement, pour s'imaginer la joie que j'ai de pouvoir lui écrire ces lignes pour lui apprendre notre heureuse délivrance. » Suit un récit très exagéré du combat livré au maréchal Keith; puis il ajoute : « Je regarde comme une grâce de la Providence le bonheur que j'ai, pour la première lettre que je lui écris depuis bien ces sept semaines, de lui mander notre délivrance, celle de la ville de Prague et le gain d'une affaire. »
Ce billet fut remis à l'Empereur le 22 juin à une heure de l'après-midi. La nouvelle qu'il contenait fut l’occasion d'un enthousiasme d'autant plus sincère de la part de Leurs Majestés impériales, qu'au soulagement apporté à la détresse des jours malheureux s’ajoutait le plaisir de pouvoir attribuer à un frère bien-aimé la gloire d’un succès qui réparait les désastres passés. Aussi, en dépit de son peu d'importance, l'affaire du 20 juin, sans doute par égard pour la réputation du prince, fort amoindrie par
(1) Prince Charles à l'Empereur, 20 jnin 1757. Archives de la guerre Vienne.