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D'ESTRÉES REMPLACÉ PAR RICHELIEU

seur (1), obtint les honneurs de la guerre et la liberté de sa garnison, d'ailleurs peu nombreuse, D'Estrées, en prenant possession de Hameln et des 60 pièces de grosse artillerie qui constituaient l'armement de la forteresse, v trouva les quelques canons enlevés par Breidenbach et les blessés de l’armée hanov'ienne, « La retraite précipitée de M, de Cumberland jusqu'à Minden, pouvait écrire le maréchal deux jours après la bataille (2), et l'abandon d'Hameln. sont une preuve bien certaine du succès des armes du Roi... je ferai donner la paire de souliers par bataillon de gratification à l'infanterie; elle a tant fait de marches qu'elle à besoin de ce secours. » Puis 1l ajoute, comme pour répondre aux accusations injustes dont il allait être l'objet : « Depuis le 22 je n'ai pas dormi trois heures par nuit, et j'en ai été toujours 12 à 15 à cheval, sans avoir de quoi manger ni me coucher. »

Au lendemain de la prise de Hameln, d'Estrées recut l'avis de la nomination de Richelieu au commandement suprème et de l'option qu'on lui laissait de servir sous les ordres du maréchal, qui était son ancien de crade, ou de rentrer en France. Il prétexta l'état de sa santé pour choisir la seconde alternative. « Je resterais volontiers, écrit-il au Roiï (3), aux ordres de M. le maréchal de Richelieu: les succès que j'ai préparés à vos armées victorieuses auraient agréablement flatté monamourpropre; mais les maux que je ressens depuis prés de deux ans dans les nerfs étant considérablement augmentés par les fatigues que j'ai essuyées depuis trois mois, je me vois forcé de profiter de la liberté que Votre Majesté veut bien me donner, et j'irai prendre les eaux d’Aix-la-Chapelle, »

La disgrâce qui vint frapper d’Estrées dans sa carrière

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(1) Estrées à Paulmy, 31 juillet 1757. Archives de la Guerre.

(2) Estrées à Paulmy. Ohsenhagen, 28 juillet 1757. Archives de la Guerre.

3) Estrées au Roi. Ohsenhagen, 30 juillet 1757. Archives de la Guerre, Toute la lettre est citée par Camille Rousset, p. 25°.

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415 LA GUERRE DE SEPT ANS. — CHAë. VII.

triomphale, avait été préparée de longue main à Versailles. Pendant qu'aux prises avec les difficultés de vivres et de transport du commencement de la campagne, il se défendait de son mieux contre les exigences de son ministre et de son souverain, sa position était sourdement minée par les intrigues de l’entourage de M” de Pompadour. L'âme de la cabale, Paris Duverney, mal disposé à l'égard du général en chef, avait pris en très mauvaise part les plaintes sur le service des subsistances dont celui-ci assaisonnait sa correspondance. Très bien en cour, corsuité sur tous les plans stratégiques, secondé par son frère M. de Montmartel, le bailleur de fonds du gouvernement, Duvernev, possédait une influence prépondérante au ministère de la guerre. et, par l'entremise de la favorite e‘ de l'abké de Bernis, dans les conseils du monarque. Comme il a été dit, l’appel de l’Impératrice à la suite des désastres de Bohème, les récents engagements de Louis XV, la décision d'envoyer deux nouvelles armées au secours de l'Autriche, donnèrent lieu à maints conciliabules dans lesquels le grand munitionnaire eut voix au chapitre. A la date du 2 juin, c'est-à-Gire quinze jours après connaissance de la bataille de Prague, Bernis lui écrivait en termes des plus intimes : « M"° de Pompadour (1 m'a chargé, mon cher ami, de vous mander de venir chez elle samedi quatre à six heures 1/2 du soir; vous y trouverez le Roi. J'ai fait le récit à l’un et à l’autre de la confidence d'hier soir ; le Roi a beaucoup ri de ce que j'étais exclu du secret (2). Vous trouverez les choses bien préparées, tant sur le nombre des batailions à tirer des côtes que sur le secret et sur le choix des personnes; M"° de Pompadour et moi avons bien fait pour le maréchal de Richelieu; aussi

(1\ Bernis à Duverney, 2 juin 1757. Correspondance de Bernis avec Duverney. Paris 1790.

(2) Sans doute nour ménager les susceptibilités de Belleisle, Bernis était censé ignorer la nomination projetée de Richelieu.

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