RÉPONSE DU MINISTÈRE HANOVRIEN
liens d'une alliance fort ébranlée par les événements récents. Le courrier chargé des volumineuses instructions pour les autorités du Hanovre, emporta une dépêche d’Holdernesse (1) à Mitchell, contenant un exposé fidèle des incidents passés et des intentions pour l'avenir.
Au sein du conseil de régence, les velléités belliqueuses du souverain rencontrèrent peu d’écho. Avant l’arrivée du rescrit que nous venons d'analyser, les ministres hanovriens avaient répondu d'avance aux invitations de Londres. Ils font une sombre peinture de la situation. « Nous pouvons (2) d’autant moins conseiller de révoquer cette convention ou d’y contrevenir, que quand mèêine on trouverait des raisons pour cela, et qui auraient de l’approbahon auprès des personnes impartiales, tout dépendrait pourtant toujours de ce que si l’on pouvait lever des forces suffisantes pour soutenir une telle démarche. En attendant, les Français sont à peu près maitres de tout l'Électorat, pouvant y exercer leur vengeance. La cour de Brunswick à conclu son accommodement avec les cours de Vienne et de Versailles, Gotha en fait autant; on ne peut se promettre autre chose de Cassel. Le roi de Prusse même tâchera de faire sa paix particulière selon toutes les apparences, négociant déjà en France, et Sa Majesté prussienne selon les circonstances ne pourra passe relever. Il est connu à Votre Majesté si l’on-peut compter sur un secours en troupes de la part de l’Angleterre. Comme ainsi la conséquence serait, si l’on rompait la convention, que la rage et la puissance de la France seraient tournées uniquement contre ces pays-ci, lesquels, sans aucune utilité pour les intérèts de l’Angleterre ou du roi de Prusse, seraient ruinés de fond en comble, et les conditions de paix en deviendraient d'autant plus dures. De sorte qu’en conscience ct par devoir, nous
(1) Holdernesse à Mitchell, 10 octobre 1757. Newcastle Papers. (2) Relation des ministres du Hanovre au Roi, 8 octobre 1757. Newcastle Papers.
sommes d'avis que, bien qu'il ne faille pas donner des assurances positives pour i cbservation de la convention, il ne faudra pas non plus y contrevenir, et par conséquent pe pas agir contre les troupes francaises, ni élargir par des voies de fait les bornes mises aux troupes de Votre Majesté, mais plutôt continuer et poursuivre la voie des négociations par le comte de Lynar pour une modification de la conventior. » Les conseillers hanovriens terminent en essayant de démontrer le peu de chance d'obtenir une paix particulière sur des bases acceptables, et se prononcent pour une pacification générale, comme « suite la plus souhaitable et la plus heureuse. »
Le statu quo se prolongea pendant le mois d'octobre et les premiers jours de novembre. À Londres le roi George, de plus en plus désireux de rompre, et sachant fort bien que les subsides de son parlement ne seraient accordés qu'au prix de cette rupture; le cabinet anglais, mécontent de son souverain et de lui-même, soupconneux des agissements de Frédéric, et cependant prèt à lui voter une grosse subvention. Au Hanovre, les armées en face l’une de l’autre, la convention respectée, mais son exécution suspendue; les uns et les autres attendant des événements une solution que les prétentions des cours rivales rendaient de jour en jour plus difticile. Seuls peut-être, le maréchal de Richelieu qui sentait les fruits de sa victoire lui échapper, et le comte de Lynar, philanthrope égaré dans ce concours de mauvaise foi et de tromperie, travaillaient avec sincérité à l'achèvement de l’œuvre dont ils avaient été les initiateurs. Le médiateur lui-même, le roi de Danemark, plus soucieux de gagner le bon vouloir d’une puissance maritime comme l'Angleterre que d’épouser la cause de la France, se désintéressait du débat et offrait de retirer sa parole. « Le Roi est prêt, écrivait Bernstorf à Münchhausen (1),
(1) Bernstorf à Münchhausen. Copenhague, 15 octobre 1757. Newcastle Papers.
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