CHAMP DE BATAILLE DE BRESLAU
Bevern. Nadasdy, avec le corps d'investissement, rejoignit l’armée le 19 novembre, et les généraux autrichiens commencèrent aussitôt leurs préparatifs pour le passage de la rivière la Lohe, et pour l’assaut des positions prussiennes.
La tâche n'était pas aisée : Bevern avait utilisé son séjour devant Breslau pour relier ses lignes (1) par une chaîne de redoutes armées de nombreuses bouches à feu ; sa droite appuyée à l’Oder, flanquée par des bois marécageux , était couverte par des redans et des batteries qui balayaient les approches du petit hameau de Pilsnitz; le centre se prolongeait jusqu'à Klein Mochbern et avait pour avant-postes les villages de Schmiedefeld et de Hôfchen, fortifiés avec soin et constituant le; ouvrages avances du front d'attaque. La gauche prussienne, d’abord repliée en équerre vers les faubourgs de Breslau, fut dès le début de l’action reportée en avant, et vint occuper le petit renflement de Gabitz et les villages de Gräbschen et de Kleinburg. Un affluent de l’Oder, le ruisseau de la Lohe, servait de fossé naturel aux retranchements des Prussiens, quoiqu'il ne constituât pas en lui-même un obstacle bien formidable; large à peine de dix mètres, de profondeur insignifiante, ce cours d’eau était guéable sur presque tout son parcours. Sur les deux rives et jusque sous les murs de Breslau le terrain paraît absolument plat; grâce à l’extension des faubourgs de la ville, le champ de bataille est aujourd’hui rempli de constructions et la vue très limitée. En novembre 1757, la contrée beaucoup plus découverte, les arbres dépouillés de leur feuillage, laissaient apercevoir de légères différences de niveau qu'il est impossible de deviner dans l’état actuel (2) des lieux.
Forte plutôt par l’art que par la nature, la position de Bevern avait le désavantage d’être trop étendue pour l’effectif dont il disposait, 40 bataillons et 100 escadrons,
(1) Voir la carte à la page 694.
(2) La visite de l'auteur a eu lieu en juin 1898. GUERRE DE 8EPT ANS. 44