RETRAITE DESASTREUSE DES AUTRICHIENS
renforcer leur droite contre une attaque improbable, assistent impassibles aux préparatifs de l'ennemi, ne savent pas profiter de l'avantage du nombre, se font battre en détail et ne tentent rien pour couvrir leur retraite,
Dans le camp prussien :a journée du 6 décembre fut consacrée à un repos bien mérité; mais dès le lendemain
le gros de l'armée royale commenca l'investissement de Breslau, tandis que Ziethen avec la moitié de la cavalerie, neuf bataillons et les troupes légères, fut chargé de suivre et de harceler la retraite des Autrichiens. HN ramassa des bagages, des voitures, l'approvisionnement de pain
et des trainards; mais il ne cheecha pas à entamer le prince Charles qui put gagner Schweïdnitz le 9 décembre, sans avoir été trop inquiété.
Aussi les premières dépêches du frère de l'Empereur sont-elles empreintes d'un certain optimisme ; il reconnait l'immensité des pertes, surtout en officiers, mais il loue les dispositions du soldat et parle de continuer la campagne. Cependant peu à peu 1l est forcé de se rendre à l'évidence et de confesser le triste état des troupes : « Nos régiments, écrit-il le 11 décembre (1), sont fort faibles ct terriblement fatigués; mais je puis assurer qu'ils ont encore de la nonne volonté; mais je crains que la saison, qui commence depuis deux jours à être fort mauvaise, n'achève par les maladies à ruiner cette armée. Des généraux, nons en avons dix-sept tués ou blessés, et il y en à encore plusieurs qui sont malades et qui je crois n'iront pas loin; tinsi je ne vois aucune espérance de pouvoir faire encore quelque chose cette campagne avec cette armée-er... Je n'ose faire celle-ci plus longue étant une lettre très disgracieuse, mais j'ose me flatter que Votre Majesté sera persuadée que le F. M. et moi avons fait notre possible, et qu'Elle ne nous attribuera pas ce malheur. Liegnitz,
(1) Prince Charles à l'Empereur, 11 décembre 1757. Archives de la Guerre. Vienne.
Schweidnitz et Breslau sont bien munis, et sans un siège j'espère qu'ils ne les prendront pas; et pour entreprendre un siège à l'heure qu'ilest, je crois la saison trop avancée : ainsi je me flatte que ces trois endroits pourront se soutenir cet hiver. »
Par malheur le tem, se met à la pluie et à la neige: le soldat souffre beaucoup; il faudra regagner la Bohème. « Notre cavalerie (1) est si abattue qu'à peine les chevaux peuvent-ils se porter, ce qui esi cause que l'ennemi nous attaque à tous moments du monde; outre cela nous avons tres peu d'officiers à nos régiments, comme je l'ai mandé à Votre Majesté, si bien que nous sommes obligés de nous retirer en Bohème. »
Moins tenu à la réserve, le Froncçais Morainville fait une peinture lamentable de la retraite (2) : « On peut dire que c'est une vraie déroute par la facon dont tous les corps ont été éparpillés et les soldats dispersés. pendant plusieurs jours. Cette confusion et cette frayeur ont continué jusqu'à ce que nous ayons sagné Schweidnitz; elle a fait perdre une quantité prodigieuse de bagages et particulièrement 600 caissons chargés de pain, ce qui à mis l'armée dans la plus fâcheuse situation, et l'en a fait manquer pendant deux ou trois jours. » « Le 8, écrit le prince de Ligne (3), notre seconde marche fut à Nausee; nous jeûnions que c'était une bénédiction. Le 9 nous fûmes à Jordan Muhi, où par bonheur le duc d'Arenberg et moi nous trouvämes un morceau à manger dans un château à Honnersdortff; nous n'avions point de lit avec nous. mais nous souffrions bien moins de notre misère que de celle de tant de braves gens qui viennent de se faire tron-
(1 Prince Charles à l'Empereur, 12 décembre 1757. Archives de la Guerre. Vienne.
(2) Morainville à Paulmy. Lebau le 17 décembre 1757. Archives de la Guerre.
(3) Campagnes de 1757 et 1758, par un oflicier supérieur eutrichien. A'chives de la Guerre 3446.
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