DEMANDE DE PASSAGE PAR LA SAXE
terait rien d'autre que le prolongement de la tranquillité, et que tous ses préparatifs n'avaient d'autre but que sa propre protection et sûreté. » Ce même 28 août, Broglie dans une lettre (1) à Durand, chargé d’affaires de France à Varsovie, dépeint l'insouciance de la cour saxonne. Le roi et son ministre avaient passé toute la journée à la chasse et ne devaient rentrer que le soir. Le roi s’attendait au passage de l’armée prussienne; il avait même pris la résolution de se défendre « si outre le passage on voulait imposer des conditions trop dures, et exiger non seulement une déclaration de neutralité ce qui ne souffrira aucune difficulté, mais demander pour sûreté de cette déclaration, ou une séparation de leurs troupes, ou un désarmement, ou la permission de mettre garnison dans deux ou trois de leurs places. » L'ambassadeur prévoyait si peu des complications sérieuses qu’il ajoutait : « S'il n’y a rien de changé au départ pour la Pologne, je compte partir le 20 septembre et arriver à Varsovie le 24 ou le 25. »
Le réveil fut aussi brusque que douloureux. Dès le 26 août, Frédéric avait chargé son ministre de Dresde, M. de Maltzahn, d'annoncer au roi de Pologne son entrée en Saxe; mais cette communication, d’après les renseignements donnés à Mitchell (2), le représentant anglais à Berlin, par Frédéric lui-même, ne devait pas être faite avant le 29. Le roi parlait (3) des « mauvais procédés et desseins dargereux » de la cour de Vienne, qui l'avaient forcé d’en venir à des extrémités qu'il aurait voulu éviter. « Vous déclarerez à Sa Majesté polonaise, écrivait-il, ou même simplement à son ministre, au cas que l'audience auprès du roi rencontrât des difficultés ou des retarde-
(1) Broglie à Durand, 28 août 1756. Affaires Étrangères. Pologne.
(2) Mitchell à Holdernesse, 30 août 1756. Mitchell Papers.
(3) Correspondance politique, vol. XII, p. 279 et Vitzthum, livre I, P. 395.
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