‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 72 sur 385 · SYMPATHIES ANGLAISES POUR FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

SYMPATHIES ANGLAISES POUR FRÉDÉRIC

castle (1) : « Enfin la bombe a éclaté; il ne nous reste plus qu'à souhaiter des succès à notre allié. » Quatre jours plus tard c’est à Mitchell, l'envoyé accrédité auprès de Frédéric, qu'il s'adresse : « Je reçois l'ordre (2) de vous informer, puisque le roi de Prusse a pris son parti de marcher contre l'Impératrice-Reine, que Sa Majesté lui souhaite très sincèrement le succès dans l'entreprise ardue qu'il à commencée. » Dans un billet à Newcastle (3), le n'‘nistre des Affaires Étrangères (#) fait l'exposé de la situation : « Tout le monde reconnait la nécessité de couvrir le Hanovre et de maintenir notre alliance avec le roi de Prusse ; mais on n'a pas esquissé les moyens d'atteindre ce double but. L'idée de lord Granville de donner de l'argent au roi de Prusse, à charge pour lui de fournir le militaire, ne me parait pas pratique pour le moment... et quant à celle de laisser le Roi négocier comme Électeur, sauf à l’Angleterre de lui fournir les fonds, l'expérience démontre que cela ne réussira pas. Les puissances étrangères, si elles épousent la politique anglaisé, tiendront à traiter avec l'Angleterre. » Holdernesse n'es. pas encore ‘convaincu de la brouille entre les anciens alliés; aussi veut-il travailler à la rupture entre la France et Frédéric : « Si le roi de Prusse est battu et si nous ne sommes pas en forces, les affaires du roi (George) sont ruinées en Allemagne; si au contraire il est victorieux ct force l'Impératrice à faire la paix, en quoi cela nous servira-t-il, à moins que nous l’engagions dans quelque entreprise contre la France? » A cet effet le ministre propose de mener de front la défense du Hanovre avec celle des possessions

rhénanes de la Prusse, et d'agir sur la Hollande pour obtenir son concours.

(1) Holdernesse à Newcastle, 4 septembre 1756. Newcastle Papers. (2) Holdernesse à Mitchell, 8 septembre 1756. Mitchell Papers. (3) Holdernesse à Newcastle, 9 septembre 1756. Newcastle Papers.

(4) Holdernesse était chargé du département du nord et par conséquent des affaires d'Allemagne.

A la suite de cet échange de vues, le cabinet anglais (1) résolut de conseiller au Roi de ne se prêter, ni à Vienne, ni à Ratisbonne (2), à aucun désaveu de la conduite de la Prusse vis-à-vis de l'Autriche ou de la Saxe ; de former une armée de 30,000 Hanovriens, Hessois et Brunswickois, complétée par une division prussienne de 11,000 hommes; de négocier au nom du Roi comme Électeur, et avec l'argent anglais, des traités avec la Bavière, la Hollande, les margraves d’'Anspach et de Darmstadt; de confirmer au roi de Prusse l'amitié du Roi, et de lui

Ru faire part du désir d'agir de concert pour rétablir la Ù ; so | tranquillité en Allemagne, et pour empêcher les mau- l NEC EUN, vais effets d’une entente des maisons de Bourbon et d’Au- c | AEg LR triche. t | É Peu de jours après cette détermination, Holdernesse I | ; écrivit (3) au prince Louis de Brunswick, général en chef é [je À de l’armée hollandaise, pour lui offrir le commande- V Hi Qt ment du corps d'observation dont il énumérait avec soin le A les éléments; 1l ajouta toutefois un post-scriptum qui en- I levait toute valeur à la décision énergique qu’on sem- S ft blait prendre : « Mais elle (l’armée) ne doit s’assembler es IL que dans le cas où les mouvements de la France le ren- di AE draient nécessaire. » Il n’est pas surprenant que dans de se ji ñ, telles conditions, le prince Louis, sous prétexte des obli- le | ei gations qui le retenaient en Hollande, refusât l'honneur né EE qui lui était offert. Son remplaçant ne fut désigné que a] Une longtemps après. et Pour être conséquent avec la ligne politique adoptée, le gouvernement anglais dut fermer l'oreille aux plaintes du all roi de Pologne ; aussi son représentant , le pauvre Wied- en marckter, fut-il impitoyablement éconduit. En vain s'a- fut (1) Mémorandum pour le roi, 12 septembre 1756. Newcastle Papers. ne (2) La diète était réunie dans cette ville.

(3) Holdernesse au prince Louis de Brunswick, 14 septembre 1756. New- F

castle Papers.

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