CHAPITRE IV
NÉGOCIATIONS ENTRE L'ANGLETERRE ET LA PRUSSE. — NEU- TRALITÉ DU HANOVRE. — ATTITUDE DES PUISSANCES EU- ROPÉENNES.
Nous venons d'assister à toutes les péripéties que traversa, avant d’être scellée par un acte officiel, l'entente de fait qui existait entre l'Autriche et la France. Malgré la bonne volonté des deux souverains et de leurs conseillers les plus autorisés, il fallut surmonter bien des résistances, dissiper bier des malentendus, effacer bien des méfiances, avant d'arriver à l'accord souhaité. Il en fut de même pour l’Angleterre et la Prusse.
Contrairement à l'opinion répandue à Versailles, qui persistait à considérer le cabinet britannique comme instigateur du conflit européen, bailleur de fonds de Frédéric, promoteur de l'attaque contre l'Impératrice, le gouvernement insulaire, peu soucieux d’ane guerre continentale dont le Hanovre serait la première victime, avait fait tous ses efforts pour empêcher, pour ajourner tout au moins, l'agression méditée par son allié. L’invasion de la Saxe, si elle ne fut pas une surprise pour la cour de Saint-James prévenue par son représentant à Berlin, ne laissa pas de lui causer quelques embarras.
Le roi George se demandait avec inquiétude (1) quelles
(1) Newcastle à Harüwicke, 28 août 1716. Newcastle Papers, British Museum.
seraient les conséquences du coup de tête de son neveu; son principal but, en se liant avec lui par le traité de Westminster, avait été de trouver un défenseur pour le Hanovre. Or ce prince, aux prises avec l'Autriche, bientôt en guerre avec la Russie, pourrait-il détacher une partie de ses forces pour couvrir l'Électorat contre une attaque de la France? A défaut d’une armée prussienne, sur qui pouvait-on compter? L’Angleterre voulait consacrer toutes ses ressources à la guerre maritime et coloniale ; n'ayant à sa disposition pour 14 protection de ses côtes que quelques bataillons indigènes, elle avait appelé à son secours et pris à sa solde le gros des troupes hanovriennes et hessoises. En place de soldats dont il ne pouvait se passer, le Parlement consentirait-il à voter des ie crédits qui permettraient de recruter et d'entretenir un nn sk | corps allemand? Cela était douteux. Nonobstant le bon [SEEN vouloir de Newcastle et de la plupart de ses collègues, il CHERE À était manifeste qu'il leur manquerait l'autorité néces- Rir saire pour arracher aux représentants du pays un vote
aussi contraire à l'opinion générale. Pour consolider le av
ue te ministère ébranlé par les insuccès d'Amérique et par la vai LE EU perte de Minorque, il faudrait chercher l'appui d'hommes {ra [Ne ‘d'État qui jusqu'à ce jour s'étaient prononcés contre le 1 : toute immixtion de l’Angleterre dans les démèlés du con- for [unes tinent. Une crise s’annonçait imminente; elle aurait son ma fil qu contre-coup sur la politique étrangère, et c'était à ce rat date moment que le roi de Prusse se lancait dans une aven- mo trie ture dans laquelle on était exposé à sombrer avec:lui. tre fl “a Quels que fussent les regrets pour le passé, les craintes de : Et pour l'avenir, il fallait cependant adopter une ligne de rhé: H conduite. C’est ce que fit la cour de Londres en se confor- teni
mant au sentiment populaire, et en transmettant à Fré- ( déric des vœux pour le triomphe de ses armes. (
Le 4 septembre, aussitôt l'avis de l'entrée en campagne | des Prussiens parvenu à Londres, Holdernesse écrit à New- È
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