FRÉDERIC ENVOIE A LONDRES UN PLAN D'OPÉRATIONS
toute äide au Roi, car
il s'aperçoit bien maintenant que le Roi est le seul allié
auquel il puisse se fier, et qu'une union complète avec l'Angleterre est de tous les systèmes le meilleur et le plus sûr pour lui. »
Frédéric partageait à coup sûr cette opinion, car il écrivit (1) à son oncle une lettre personnelle où il témoignait le désir de lui faire part de ses vues sur la situation européenne, et où il demandait à qui cette communication pouvait être faite. Sans attendre la réponse, et sur les assurances rapportées par le colonel Lentulus qu'il avait envoyé à Londres avec les détails de la bataille de Lowositz, Frédéric remit à Mitchell un mémoire sur les affaires du continent, et un projet d'opérations pour l'année 1757. Dans la première de ces pièces (2), l'auteur passait en revue les échecs essuyés par les Anglais dans la Méditerranée et au Canada, les attribuait à l'attitude timide et au manque d'initiative du gouvernement britannique, déplorait les dissentiments ministériels, et signalait l'impression fâcheuse produite à l'étranger. Pour conjurer les menaces du duumwvirat franco-autrichien, il fallait chercher de nouvelles alliances. A cet effet on engageait la cour de Londres à sacrifier les intérêts secondaires aux considérations internationales, à « captiver le Danemark », à conclure sans retard des traités de subsides avec « les princes mercenaires d'Allemagne qui veulent fournir des troupes, » à essayer de faire un accord avec les Hollandais, à maintenir la Russie dans l'inaction, à devancer les Francais dans les préparatifs de la campagne prochaine, à adopter un parti vigoureux, enfin à transporter la guerre chez l'ennemi.
C'était de ce dernier principe que S'inspirait le plan pe q
(1) Frédéric à George ii, 7 novembre vol. XIV, p. 20.
(2) Correspondance politicue, vol. XEV, p. 56.