‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 77 sur 385 · FAIBLESSE DU NOUVEAU CABINET · texte numérisé non relu

FAIBLESSE DU NOUVEAU CABINET

ter sur la Chambre des Communes dont la majorité, élue sous le patronage de Newcastle, restait dévouée à son ancien chef; il ne possédait pas la confiance du monarque qui ne lui avait pas pardonné son attitude passée dans les questions du Hanovre. Il ne put donc, ni déployer l’énergle et la décision dont il fit preuve plus tard, ni exercer sur la direction générale des affaires l'influence qu'on était en droit d'attendre de ses talents et de sa popularité. D'ailleurs l'opinion, peu favorable à une guerre continentale, était beaucoup plus a‘tentive aux conflits locaux soulevés À propos du cantonnement des troupes allemandes (1) en Angleterre, et au procès de l'amiral Byng (2) à la suite de sa défaite devant Minorque, qu'aux événements qui s'annoncaient en Europe. Le désaccord entre le Roi et ses conseillers officiels, la faiblesse du ministère, l'indifférence du Parlement, eurent leur répercussion sur la politique étrangère de la Grande-Bre..';ne. Elle devint de plus en plus effacée, comme le constate avec tristesse Holdernesse (3) dans un billet à Newcastle : « Il est trop vrai, mon cher Lord, que rien ne se fait et qu’on perd un temps précieux; c'est ce motif qui m'a décidé à aller voir le Roi hier. J'ai trouvé Sa Majesté plus embarrassée et moins ferme que la dernière fois que je l'ai vue. Elle est moins disposée que jamais à entamer résolument une action commune avec le roi de Prusse. Mes difficultés sont inimaginables; je n'ai pas l'appui personn: lu Roi {in the closet); je n'ai pas un ami dans son entourage que Je puisse consulter, et la pusillanimité de la régence du

(1) L'arrestation par les autorités civiles d’un soldat hanovrien, à propos d'ua délit de peu d'importance, donna lieu à un conflit entre les pouvoirs civils et militaires et provoqua une agitation pour le renvoi des troupes ét:angères.

(2) Le conseil de guerre siégea depuis la fin de décembre jusqu'à la fin de janvier. La sentence et le recours en grâce, formulé par les juges, furent l'objet de longs débats au Parlement.

(3) Holdernesse à Newcastle, 29 décembre 1756. Newcastle Papers.

Hanovre à fait grande impression depuis la dernière quin- Zaine. »

Comme bien on pense, l'inertie du gouvernement anglais lui avait valu les remontrances et les critiques les plus vives de la part de Frédéric. Ce prince, après le retour de son armée en Saxe, était venu s'établir à Dresde; il veprit aussitôt sa correspondance et ses entretiens diplomatiques. D'après les lettres de Mitchell, devenu de plus en plus le corfident intime, Frédéric à cette époque, c'està-dire vers la fin d'octobre 1756, ne comptait pas que la France entrerait en lutte directe avec lui, et espérait que la Russie ne s'engagerait pas à fond dans la mêlée. A l'occasion du rappel de Valory, dont l'avis lui parvint le

: | 30 octobre, il tient, dans sa dépêche à Podewils, le langase de celui qui prévoyait la rupture tout en la regrettant; mais à en croire Mitchell le coup était inattendu. « Le vor cestatriement (1), n'a pas pensé que la France se

brouillerait avec lui sur la question (2) dont elle s'est servie comme prétexte; bien plus, j'estime qne le prince lui-même, et je suis sûr que ses ministres s étaient flattés de l'espoir qu'on n'arriverait pas aux extrémités avec la France, car ils ne pouvaient se pe “uader de la possibilité de rapports ainicaux entre la France et la maison d'Autriche. » Mais Frédéric n'étiil pas homme à perdre son temps en réflexions rétrospectives et en regrets stériles: 1l s'occupe de suite du nouvel adversaire auquel il faudra faive face. « Dans les circonstances actuelles, le roi de Prusse, continue Mitchell, se voit exposé aux attaques que l'Autriche, la France, et peut-être ia Russie, soutiendront de toutes leurs forces. Si nous pouvons faire quelque chose à Pétersbourg où auprès de la Porte pour opérer une diversion, je suis Convaincu que Sa Majesté prussienne donnera (1) Mitchell à Newcastle, 4 nove.cbre 1756. Newcastle Papers.

53 | (2) Le prétexte de la rupture était comme on le sait la défense faite au ° comte de Broglie de se rendre au camp saxon.

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