‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 118 sur 230 · FRÉDÉRIC SURVEILLE LAUDON · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC SURVEILLE LAUDON

23 près du Münsterberg ; il y avait devancé l'ennemi qui venait d'y faire tracer son camp : « Nous sommes, écrit-il au prince Ferdinand (1) en le félicitant du succès de Villinghausen, à présent en marche, afin de passer la Neisse, au cas que Laudon la passe pour entrer en Haute- Silésie, dans le dessein de se joindre là aux Russes. » Frédéric évaluait (2) les forces respectives en Silésie aux chiffres suivants : « L'armée de Laudon est forte de 66.000 hommes, celle des Rus‘es y compris les troupes légères font 54.000, ce qui fait ensemble 120.000 hommes. Mon armée et le corps de Zieten ne font que 59.000 combattants. Le projet de l'ennemi est de se joindre dans la Haute-Silésie. Les Russes veulent passer l’Oder à Oppeln; Laudon veut marcher à Neustadt pour se joindre à eux. Il faut que je m’oppose à cette jonction parce que je ne suis pas en force de résister à tous deux. Je me prépare donc de combattre Laudon en chemin avec toutes mes forces. » Le 20, le gros des Autrichiens s’établit près de Franckenstein. Brentano restait sur les hauteurs de Stolze et Bethlem renforcé était à portée de l’Oder et du lieu de passage présumé des Russes. Frédéric décida de se porter sur Neustadt où il espérait battre Draskowich et Bethlem avant que Laudon püt venir à leur secours; toutes les instructions furent données au gouverneur de Neisse pour le cas d’une bataille possible dans ‘es environs de cette place. Cette tentative n’aboutit qu’à une série de marches et contremarches sans résultats sérieux. Draskowich se déroba en reculant à J'gerdorf derrière l'Oppa. Zieten qui avait rejoint le Roi occupa Neustadt, puis après avoir suivi Draskowich dans sa retraite, revint à son point de départ; l’armée royale en fit autant. Laudon qui de son côté

(1) Frédéric à Ferdinand, Giesmannsdorf, 23 juillet 1761. Corr. Polit., XX, p. 553.

(2) Frédéric à Henri, Giesmannsdorf, 28 juillet 1761. C#er. Polit., XX, p. 570,

avaitrepris son camp de Patschkan sur la Neisse, reconnut

le 1°" août la position du Roi, la trouva trop forte pour une

attaque et après un court séjour retourna à Frankenstein.

Une lettre de Frédéric (1) met son frère au courant :

Il a dirigé Zieten sur Jägerndorf pour repousser de nou-

4 veau Draskowich, « l’armée russe est encore à Namslau

avec une avant-garde à Oppeln, mes hussards ont balayé

tous les côtés de l’Oder depuis Oppeln et Krappetz des

Russes ». Laudon est campé entre Patschkan et Reichen-

stein, « le projet des Autrichiens et des Russes sur la

Haute-Silésie est complètement manqué ». Le rapport de

Montrozard (2) daté de Patschkan donne à peu près les

mêmes renseignements : « Brentano à Hertzogwalde de

l’autre côté de la Neisse, Laudon à Patschkan, Draskowich

replié jusqu’à Jägernsdorf ; le Roi a repassé la Neisse et

repris son ancien camp entre Giesmannsdorf et Voitz, les

Russes sont toujours à Namslau, ils font 5 milles (35 kilomètres) en 3 jours et l'ennemi en un ».

Si le rideau de croates et de uhlans dont se couvraient les Autrichiens pour masquer leurs mouvements rendait fort difficile le service de renseignements de l’armée royale, de son côté Laudon faute de communications avec Butturlin était très mal informé sur les intentions de ce dernier ; il savait seulement que son quartier général était j à Namslau le 27 juillet, mais il ignorait les progrès qu'il avait pu faire depuis cette date. Ce ne fut que le 8 août qu'il apprit de source sûre que la grande armée russe s'approchait de Leubus sur l'Oder. Entre temps, Frédéric sur la nouvelle reçue le 4 août que les éclaireurs de Czernitchew s'étaient montrés devant les faubourgs de Breslau, y détacha le corps de Knobloch etse porta lui-même avec la principale fraction de ses troupes à Strehlen sur l’'Ohlau

(1) Frédéric à Henri, Oppersdorf, 3 août 1761. Corresp. Polit., XX, p. 583. (2) Montrozard à Choiseul, Patschkan, 2 et 4 août 1761. Affaires Étranères.

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ric

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