‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 119 sur 230 · LAUDON SE RAPPROCHE DE BUTTURLIN · texte numérisé non relu

LAUDON SE RAPPROCHE DE BUTTURLIN

où il espérait rencontrer Laudon et le combattre. Il n'y trouva que quelques coureurs ennemis, mais dans l’incertitude il y resta jusqu'au 10. A la date du 6 août, de son quartier général de Strehlen voici comment il décrit (1) la situation. « Pour vous donner une idée des positions présentes, représentez-vous Laudon entre Silberberg et Wartha, les Russes à Hundsfeld (au nord de Breslau) et mon armée à Strehlen ; j'ai aussi loin de Breslau que de Neisse ; toutes les forteresses ne sont de moi éloignées que d’une marche. » Grâce à des reconnaissances multipliées, Frédéric sut enfin que la grande armée russe, après un séjour à Namslau, était allée le 5 août à Hundsfeld dans la banlieue de Breslau et de là avait gagné les hauteurs de Trebnitz; son arrière-garde avait été suivie par les forces réunies de Knobloch et de Tauenzien, le gouverneur de Breslau. Depuis lors, p'us de nouvelles ; tout le pays à l’est de l’Oder avait était pillé et ravagé par les cosaques. Le Roi croyait déjà à la retraite des Russes sur Posen et se flattait de contribuer à ce recul en envoyant le général Platen (2) avec un corps de 16 bataillons et 25 escadrons détruire leurs magasins du côté de Posen. Sur ces entrefaites, il apprit que Laudon avec le gros de son armée s'était établi dans la position de Kunzendorf, que lui-mème avait tenue si longtemps au printemps. Laudon en effet, dans le but de se rapprocher de Butturlin dont il venait d'apprendre l’arrivée sur l’Oder, avait gagné le 8 août les hauteurs de Bügendorf près de Schweiïdnitz ; deux de ses divisions avaient occupé Striegau et Hohenfriedberg et un détachement de hussards avait été poussé sur Leubus pour prendre contact avec les Russes. Enfin, le général Beck qui était depuis longtemps à Zittau avait reçu l’ordre d'avancer jusqu’à Goldberg et Parchwitz pour couvrir l'approche des

(1) Frédéric à Henri, Strehlen, 6 août 1761. Corr. Polit., XX, p. 586. (2) Frédéric au prince Eugène de Wurtemberg, secret. Strehlen, 7 août 17C:. Corr. Polit., XX, p. 588.

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Russes. Frédéric, de son côté, averti par le gouverneur de Schweidnitz des mouvements des Autrichiens, se décide à les suivre /{). « L'ennemi a fait tant de marches et de contremarches que nous voici à Wahlstatt avec une partie de l’armée. Laudon est entre Bügendorf et Freiburg, ayant des postes à Striegau ; j'ai marché de Strehlen à Langer-Cauth où j'appris que les Russes faisaient un pont à Auras. On les a empêchés de s’en servir. Ils en ont fait un à Leubus, ce que la situation des lieux m'a obligé de souffrir. Ils ont passé à Parchwitz. J'ai pris avec l’armée le camp de Loking pour empêcher la jonction et j’ai observé les Russes d’un autre côté. Hier ils ont voulu se joindre. » Le Roï fait ici un récit fort à son avantage du combat qui eut lieu le 15 août entre la cavalerie prussienne et celles des alliés. Il ajoute : « Le camp russe est à un demi-mille devant mon front, leurs troupes régulières d'infanterie font à peu près 20.000 hommes, ils campent sur une ligne, mais derrière un défilé et une palissade de canons, de sorte que je ne pense pas les attaquer, mais à les incommoder. »

Pour l'occupation des hauteurs de Wahlstatt, il y avait eu entre les deux partis lutte de vitesse, Montrozard la décrit dans les termes suivants (2) : « M. de Laudon ne prit cependant point le change aux manœuvres de l'ennemi, il fit marcher sa réserve et les corps détachés sur le chemin de Hohenfriedberg; mais le tout s'arrêta à Teichau et hier 15 au matin, l'ennemi ayant développé son vrai dessein, M. de Laudon prit avec lui tous les carabiniers et grenadiers à cheval de la réserve avec les 4 régiments du corps détaché, et prit la route de Wahlstatt pour joindre les Russes; on côtoya pendant toute la marche’ l’armée du Roi, et nous arrivâmes à midi sur les hauteurs de Walhstatt; nous les trouvâmes occupées par des cosaques et quelques troupes légères ; toute l’armée russe qui

(1) Frédéric à Henri, Wahlstatt, 16 août 1761 Corr. Polit., XX, p. 600. (2) Montrozard à Choiseul, Striegau, 16 août 1761. Archives de la Guerre.

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