LE PRINCE DE WURTEMBERG SORT DE COLBERG
sur le retour des Russes à la Vistule et sur la levée du siège de Colberg. A la date du 21 novembre, il écrivaitencore (1) à Wurtemberg : Aujourd'hui « que Platen estprèsde vous, je vous crois hors de danger », et il ajoutait en français : « J'espère à présent, mon cher neveu, que toutes vos inquiétudes seront finies. Je crois que la rodomontade (2) de Romanzow a été comme une dernière tentative, il a compris que l'approche de Platen l'empêchaitde prolonger son séjour auprès de Colberg et il aespéré de vousintimider. » C'est le lendemain du jour où il traçait ces lignes, que le Roi apprit l’heureuse sortie de Wurtemberg, il l’en félicita (3), tout en s'inquiétant de savoir si Colberg était en état de résister sans son concours, car il lui renouvela l’ordre de rallier Platen et de tout tenter de. concert avec lui pour sauver la place et pour refouler en Pologne Romanzow et tous les détachements russes. Mèmes instructions à Platen et à l’adjudant Anhalt, envoyé quelques jours auparavant en Poméranie, et nouvelle dépêche le 23 enjoignant la conservation de Colberg avant tout,
Entre les généraux prussiens, il y eut de l’indécision sur la directionà prendre. On fit quelques étapes vers Belgard avec l'intention à agir sur les derrières de Romanzow; il fallut y renoncer. Exposés sans tentes et avec leurs effets en lambeaux, à toutes les intempéries, pluie, neige et verglas, les soldats étaient incapables des efforts qu’on allait leur demander. Sur l'avis de Platen, appuyé par un conseil de guerre, le prince décida de gagner la Rega à Naugard, de marcher ensuite sur Treptow par Gülzow. A Naugard, les troupes se reposèrent et se ravitaillèrent ; elles en repartirent le 5 décembre et parvinrent à Trep-
(1) Frédéric à Wurtemberg, Strehlen, 21 novembre 1761. Corr. Polit., XXI, p. 87.
(2) Atlusion à l'invitation à capituler que Wurtemberg avait repoussée.
(3) Frédéric à Wurtemberg, Strehler, 22 novembre 1761. Corr. Polit.. XXI, p. 89.
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tow où elles furent rejointes Le 10 par un gros convoi de 1.000 chariots chargés de vivreset de munitions. Le 11, l’armée de Wurtemberg se mit en route pour Colberg suivant la grande chaussée par Neumühl et Spee. Onse heurta au détachement de Berg; il fut repoussé, mais survintune nuit glaciale avec chute de neige; les soldats, sans feu, sans paille, la plupart sans abri, souffrirent terriblement ; on ne releva pas moins de 100 hommes morts de froid. Le 12, on dirigea le convoi vers l’ouest de la ville que les avis de Colberg affirmaient n'être surveillé que par des postes de cosaques, et le grs: s’apprèta à forcer le défilé de Spee. Les Prussiens eurent un premier succès; ils emportèrent la hauteur de la Redoute verte, mais ne purent avancer au delà. Romanzow envoya des renforts à Berg et s'établit fortement sur les hauteurs de Prettmin ; son artillerie très supérieure prit le dessus. Le prince Eugène, convaincu de l'impossibilité de forcer le passage, donna l’ordre de la retraite sur Treptow où les Prussiens arrivèrent le lendemain, non sans avoir souffert des attaques de la cavalerie russe qui harcela leur marche.
Le sort de Colberg était scellé ; les Russes étaient, depuis le départ de Wurtemberg, maitres du camp retranché et des ouvrages à l'embouchure de la Persante, que la faiblesse de la garnison n'avait pas permis d'occuper; ils commencèrent leurs travaux d'approche et ouvrirent leurs batteries de brèches le 8 décembre. Les assiégés répondirent de leur mieux, mais un renseignement du 13 décembre leur apprenant l'échec de la tentative de relève, leur enleva tout espoir de délivrance ; le 15, ilstirèrent leurs derniers coups de canon et le 16, le gouverneur Heyde arbora lrapeau blanc: il obtint du vainqueur les conditions honorables que méritaient ses trois belles défenses.
Le prince Eugène se retira avec ses forces réduites d’un tiers à Stargard. Platen et Schenkendorf avec ce qui res-
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