TENTATIVE D'ENLÈVEMENT DU ROI
attaque du Roi avant d'avoir remis la place en état et d'en avoir constitué la garnison. On fit droit à cette requête ; en outre, Laudon obtint de Daun l'autorisation d’ajourner le retour de Beck et de le maintenir encore en Lusace.
Pendant la période d'inaction qui termina la campagne et au cours du séjour de Frédéric à Strehlen, se produisit un curieux incident : une tentative d'enlèvement du roi de Prusse. Les principaux conjurés étaient un baron silésien du nom de Warkotsch, qui avait été capitaine au service autrichien, et un prêtre catholique de la région nommé Schmidt. Ces personnages s’abouchèrent avec le général Draskowich, puis avec Laudon lui-même: ce dernier chargea un de ses officiers de s'entendre avec eux et mit à leur disposition un peloton de 30 hussards qui surprendraient le quartier où le Roi était logé et s'assureraient de sa personne. Le complot fut dénoncé par un domestique du baron et n'eut aucune suite; les principaux instigateurs prirent la fuite en temps utile, Les fugitifs furent pensionnés par le gouvernement auaichien.
Pendant les mois d'octobre 61 novembre, vien ne vint troubler la tranquillité des armées rivales dont les eantonnements respectifs furent déterminés par un arrange ment intervenu en décembre entre les états-majors, La trêve ainsi assurée, Laudon remit le commandement à d'Argenteau et alla se reposer chez lui en Bolicme. Le Roi, qui avait quitté Strehlen pour Breslau le 10 décembre, passa l'hiver et une partie du printemps dans la capitale de la Silésie.
En Saxe, pendant l'année 1761, il y eut aucun incldent militaire de quelque importance; les deux armées réduites d'un côté par le départ des lroupes qui avaient accompagné le Roi, d'un autre par l'envoi à Laudon de renforts successifs ne tentèérent aucune entreprise
GUERRE DU SEPT ANS. —- T, v, 18
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agressive, Le prince Henri n'avait conservé que 36 bataillons, 83 escadrons et 1# bataillons francs; ces derniers, composés de déserteurs et de prisonniers, n'inspiraient que peu de confiance, un bataillon en particulier se mutina près de Leipzig et passa à l'ennemi. L'eflectif prussien ne dépassait guère 30 à 33.000 hommes, Daun, dont les moyens d'action étaient supérieurs grâce au concours de l’armée des Cercles, était d'accord avec sa cour pour attendre le retour du contingent de Silésie avant de chercher à agrandir son territoire d'approvisionnement. Il se borna à surveiller les deux rives de l’Elbe avec Lascy dans les lignes de Vordorf, Guasco à bippoldiswalde et son gros derrière la Weisserchy au sud-ouest de Dresde. En face de lui, les Prussiens restaient en position de Nossen à Meissen derrière la Triebisch.
Pendant la campagne de 1761, le rôle de l’armée des Cercles at à peu près nul. Au début de juin, Serbelloni commença la mobilisation des 15.000 homines dont se composaient les contingents fédéraux; elle s'effectua avec une lenteur qu'expliquait le défare d'organisation et la perte des magasins détruits par les raids prussiens.
Le 16 juillet, leurs avant-postes avaient atteint les portes de Leipzig et dépassé la Saale. Pour arrêter un mouvement qui menaçait son flanc, le prince Henri détacha contre eux le colonel Kleist qui refoula leurs avant-gardes. En août, le prince eut à envoyer le général Stutterheim contre les Suédois et le colonel Bohlen au secours du duc de Brunswick; malgré cet affaiblissement de ses forces, il confia au général Seydlitz, qui avait repris du service, un corps de 5.000 hommes pour inquiéter les troupes des Cercles qui faisaient mine d'arancer. Celles-ci reculèrent aussitôt jusqu'à Ronneburg, Seydlitz jugea leur position trop forte et malgré la prière de Kleist, ne voulut pas les attaquer.
L'année se termina sans événement d'importance ;
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