‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 155 sur 230 · ET D · texte numérisé non relu

ET D

FA tu (1 LE

complet de la politique russe : « Quoique le nouvel Empereur n'ait pas encore déclaré formellement ses intentions j'ai lieu de croire qu'elles n’en sont pas moins décidées et que la défection sera complète et dès ce moment nous devons nous attendre aux procédés les plus ultras de la part du monarque russe. » Le représentant de Marie- Thérèse se demandait jusqu” « où la dignité de notre cour pourra lui permettre d'étendre les ménagements envers celle-ci » et il attendait des ordres, sur ce point délicat. En contraste avec la politique extérieure, la direc. tion des aflaires intérieures paraissait sage et pondérée. Mercy le reconnait : « Quant à ce qui regarde la conduite du nouveau monarque vis-à-vis de ses sujets, elle a été jusqu'à présent assez mesurée et sage, par un effet des conseils du sénateur Woronzow, du maréchal Troubetskoï et du procureur général Glebow; cependant la conduite modérée de ce prince n’en impose pas généralement, et ceux qui le connaissent ne prévoient que trop combien il lui sera impossible de mettre pour longtemps un frein à ses passions. »

L'Autrichien (1) se plaignait de son isolement : il est tenu à l'écart; Olzoview lui fait dire qu'il ne peut le recevoir sans courir le risque de la disgrâce, Wolkow n’est jamais chez lui quand il va le voir; les réunions de la conférence sont suspendues pendant une nouvelle indisposition du chancelier; faute de communications direcs, il se tient au courant par des moyens clandestins.

Alors que l'anibassadeur d'Autriche ne peut se faire entendre, que celui de France est surveillé et quelquefois injurié derriére son dos, le ministre britannique Keith jouit de la plus grande faveur. L'empereur a recu une députation des commerçants anglais et leur a tenu des propos aussi gracieux pour eux qu'insultants pour les

(1) Mercy à Kaunitz, 3 février 1752. Archives de Vienne.

so

qe

Page 1