‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 31 sur 230 · CAPITULATION · texte numérisé non relu

CAPITULATION

En vertu de la capitulation, les troupes sous les ordres de Ste-Croix sortirent de la citadelle par la brèche avec les honneurs de la guerre et furent transportées à la côte de Bretagne; les prisonniers faits de part et d'autre furent rendus à la liberté; les Anglais sans restriction, les Français sous la réserve d'un échange éventuel. Les garanties habituelles furent accordées pour le traitement des malades et blessés et pour celui des habitants de l'ile.

Les débarquements et le siège coûtèrent (1) au corps expéditionnaire environ 1.800 officiers et soldats tués ou blessés. D’après les calculs du mémoire déjà cité, la perte de la garnison française peut être évaluée à 200 tués et à 450 blessés de tous grades, dont 5 officiers et 204 soldats pendant la dernière période du siège du 26 mai au 7 juin. Au moment de la capitulation elle comptait 137 officiers et 2.319 soldats y compris les ouvriers et domestiques.

Aucun effort ne fut tenté de la côte française pour lever Je siège de Belleisle; la présence de l’escadre de Keppel

mpêchait l'envoi de tout autre secours que ceux dont nous avons parlé avant le second débarquement.

Déduction faite de l'infanterie de marine qui regagna son bord, les troupes anglaises furent maintenues à Belleisle pendant la plus grande partie de l’année. Au cours de l'automne de 1761 et peu de temps après la rupture des négociations avec la cour de St-James, il fut question de tenter le recouvrement de Belleisle, Choiseul en parla à Starhemberg (2) qui lui demanda si l’entreprise offrait de réelles chances de succès. Choiseul fit à l'ambassadeur une réponse caractéristique : « Oui, si je

(1) Annual Register, 1761, p. 17. Le rapport de Hodgson ne donne que 303 tués, 523 blessés et 384 prisonniers, qui recouvrèrent leur liberté après la capitulation.

(2) Starhemberg à Kaunitz, 17 octobre 1761. Archives de Vienne.

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trouve un homme qui ait assez de courage pour s’en charger... Je suis presque tenté d'aller faire cette besogne moi-même, mais je n'en ai pas le temps. » Malgré cette boutade, l'expédition ne laissait pas que d’être difficile, tant que les Anglais, maitres de la mer, pouvaiert intercepter les communications entre l’île et la terre ferme, aussi n'est-il pas surprenant que le projet n’eût pas de suites. Rassuré à ce sujet, le gouvernement britannique n'hésita pas à puiser, vers la fin de 1761, dans la garnison des éléments pour l'expédition dirigée contre la Martinique, et quelques mois après, pour la formation de l’armée auxiliaire du Portugal. L'ile resta au pouvoir des Anglais jusqu’à la paix.

Choiseul très piqué d’une attaque en pleine négociation, eùt voulu exercer des représailles contre

: l'Angleterre; il conçut l’idée de jeter un détachement de

troupes sur la côte britannique. L'aventure, confiée au chevalier d'Arcy, aurait consisté à s'emparer du château de Douvres par un coup de main et à répandre l'alarme le plus loin possible.La flottille, composée de bateaux plats dont chacun pourrait prendre 300 hommes à bord, sortirait des ports de Boulogne et de Dunkerque et profiterait du premier vent favorable pour traverser la Manche. Hérouville, qui commandait sur le littoral du Nord, considérait (1) l’entreprise comme très faisable, mais estimait que les 6.060 hommes qu'on pouvait y affecter, après avoir produit beaucoup d'émotion, verraient leur retraite coupée et seraient perdus.

Cette considération fit probablement ajourner le projet qui fut définitivement abandonné à la suite de l’envoi en Allemagne de 8 régiments prélevés sur l’armée des côtes.

L'expédition contre Belleisle ne fut pas la seule entre-

(1) Hérouville à Choiseul, 2 juin 1761. Archives de la Guerre.

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