FERDINAND BARRE LA ROUTE
avantagense. En ce cas, je me tiendrai à portée de profiter de l'effet que produiront les diversions de M. le maréchal de Broglie. Je vais lui envoyer un courrier, pour lui faire part des obstacles que je rencontre. » Soubise donne les mêmes informations à Broglie (1); il a évidemment devant lui toutes les forces des confédérés à l'exception de ce qui est resté sur la Dymel. Il laisse à son collègue l'initiative des manœuvres nécessaires pour lui frayer la route. Deux jours après, l'armée n'a pas bougé d'Unna; nouvelle dépêche à Broglie (2) datée du 28, à 4 heures du soir : « Les ennemis se sont portés sur Werle, leur gauche se perd sur les hauteurs en tirant vers Soest; s'ils ont décidé de nous attaquer, ce sera selon toute apparence pour demain. Nous sommes préparés à les recevoir. » Ce même 28, Broglie, qui avait commencé son mouvement, expédiait (3) à Choiseul deux rapports : le premier, daté de # heures du matin, annonçait qu'il avait reçu de Soubise une lettre par laquelle « il semble qu'on ne doit pas beaucoup compter qu'il marche en avant. Je vais joindre l’armée qui esten marche et la ferai camper ce soir à Brunne; je reconnaîtrai par moi-même les camps des ennemis sur la Dymel et me conduirai ensuite suivant ce que je verrai et croirai possible ». Le second relatait l'étape de la journée, parlait des cas d’insolation qui s'étaient produits ét donnait quelques détails : Poyanne s'était emparé des délilés d’Essenstho et de Stadtberg presque sans résistance; Lusace était campé à Hohenkirch, Chabo avait escarmouché près de Liebenau ; Guerchy était à Wolfhagen; demain le gros de l’armée continuerait son offensive et passerait la Dymel.
Pendant ces premières opérations, quelle avait été l’action du prince Ferdinand et de ses lieutenants? Les mois d'avril et de mai furent consacrés au recrutement et à la
(1) Soubise à Broglie, Unna, 26 juin 1761.
(2) Soubise à Broglie, Unna, 28 juin 1761, 4h. p. m. Archives de la Guerre. (3) Broglie à Choiseul, Cassel et Brunne, 98 juin 1761. Archivesde la Guerre.
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70 LA GUERRE DE SEPT ANS. — CHAP. ill.
mise en état des régiments, fort délabrés à la suite de la retraite désastreuse qui avait remené l’armée confédérée des bords du Kinzig à ceux de la Dymel. Les Brunswickois | allèrent se refaire dans leur pays; le contingent hessois | se reconstitua par la fusion des bataillons de forteresse avec ceux de l’active ; les Hanovriens et les Anglais reçurent des recrues en nombre considérable; le service du commissariat bénéficia de réformes importantes. Bref, grâce à ses efforts énergiques bien secondés, le prince se trouvait à la tête de forces imposantes et prêtes à entrer en campagne. L'état du 1° juin (1) sur un ensemble de plus de 91.000 hommes, présents sous les drapeaux, faisait ressortir un effectif de 78.823 combattants, dont 18.000 Anglais, 28.000 Hanovriens, 7.000 Brunswickois, 16.200 Hessois et8.500 hommes de troupes légères de toutes nationalités; l'infanterie et la cavalerie régulières étaient réparties en 94 bataillons et 82 escadrons, soit à peu près 600 fantassins et 170 cavaliers par unité. Le nombre des malades, tant aux ambulances qu'aux hôpitaux, était considérable; il se montait à 12.457 et, àen juger par les 1.266 décès qui s'étaient produits au cours du mois de mai, l’étatsanitaire laissait beaucoup à désirer.
Quinze jours ne s'étaient pas écoulés depuis la fin de la campagne du printemps que Ferdinanc formulait ses projets d'opérations. Dans une dépèche à Bute, il définit (2) avec netteté l'objectif à atteindre : « Nous n’avons que trois points fixés qui peuvent arrêter l'ennemi; savoir, Munster, Lippstadt et Hameln. Tous nos efforts doivent être dirigés pour soutenir ces trois places, dont les deux premières entretiennent la communication avec la Hollande et l’Angleterre, et couvreni le bas Weser; c’est la source de nos subsistances; la dernière, savoir Hameln, couvre le haut Weser, l'électorat d'Hanovre, et le duché de Brunswick.
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