‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 79 sur 230 · LES · texte numérisé non relu

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maison qui se rend à Heiligenstadt : « cette nouvelle m'a très bien tranquillisé... car je ne crains rien ici, quand même le prince Ferdinand y viendrait avec toute son armée ». Au courant de la journée du 27, Stainville apprend que Granby est à Geismar, que Freytag et Stock hausen sont entrés dans la forèt de Salaborg; Ferdinand est venu en personne faire une reconnaissance à une lieue et demie de Cassel, Le 27 au soir, Broglie informé que le prince est encore le 26 à Hüxter, que Granby n'a avec lui que 15.000 hommes, dépêche à Stainville des renforts qui lui constitueront un total de 32 bataillons, 28 escadrons et 24 canons. Avec ces troupes, son lieutenant sera en état de marcher sur Immerhausen et livrera bataille s’il le peut.

Dans un second rapport du 27 à midi, Stainville commence à s'émouvoir du proche voisinage du prince Ferdinand : « Le château de Dringelborg a été pris hier à # heures après-midi, après avoir été tout à fait brûlé et abimé; le commandant vient de m'être renvoyé ainsi que sa garnison, M. le prince Ferdinand a son quartier aux bains de Geismar, myiord Granby dans la ville de Geismar, et on croit qu'ils se camperont aujourd'hui près du village d’Hohenkirchen, M. de Bauer y a couché cette nuit. Vous voyez, Monseigneur, qu'il ne m'est pas possible

dans ce moment-ci de quitter la position que j'occupe.

M. de Durenberg (1) ascupé hier chez le prince Ferdinand qui lui à dit qu'il n'y avait que #00 hommes dans Cassel, et que je campais avec une poigms de monde aux environs, il l’a chargé de me faire ses compliments. je vous avoue que je ne comprends rien à toutes ces manœuvres. Puisqu'il est capable de passer la Dymel pendant que vous êtes dans le pays d'Hanovre, il le serait aussi de passer la Fulde et d'attaquer le poste

(1) Commandant français de la garnison de Dringelborg.

LES CONFEDERES REPASSENT LA DYMEL. 153

de Munden, et se mettre entre vous et moi. C'est à vous, monseigneur, à juger de la possibilité de mes conjectures. Je ne puis guère me dégarnir davantage pour soutenir le poste de Munden. » Broglie répond à son lieutenant qu'il ne croit pas que Ferdinand pousse jusqu'à Cassel. Le renvoi de la garnison de Dringelborg et les propos du prince n'ont d'autre but que de nous tromper sur ses desseins; cependant il fait marcher Clausen et Duras avec 20 bataillons sur Munden, Le 28, le maréchal y rejoint ce détachement, assiste à la canonnade inutile que les confédérés exécutent de l’autre rive du fleuve, puis se porte de sa personne à Cassel, Suivant les ordres reçus, Stainville avait fait une pointe dans la direction de Geismar et avait eu la satisfaction de voir les confédérés battre en retraite devant lui. Cependant, le 28 (1), l’ennemi semblait à Stainville encore manifester des intentions offensives : 2,000 chevaux devaient escorter jusqu'en decà de Hohenkirchen le prince Ferdinand « en personne qui nous à regardés pendant une heure ».

Jusqu'au 31 août, les armées restèrent inactives ; ce jourlà les ordres de retraite (2) furent donnés à l’armée confédérée qui repassa la Dymel le 1 septembre. L'excursion de Hesse, exécutée par les grosses chaleurs d'été, coûta beaucoup de malades aux régiments anglais. Granby, qui commandait en chef le contingent britannique, demande la création d'hôpitaux (3) pour recevoir 800 malades à renvoyer des ambulances et se propose d'en évacuer 2.000 sur Brême. La trêve virtuelle qui succéda aux n.ouvements de la fin d'août se prolongea une partie de septembre; Broglie, après un séjour de quelques jours à Cassel, revint

(1) Stainville à Broglie, 28 août 1761. Archives de la Guerre.

(2) Westphalen, V, p. 790.

(3) Granby à Ferdinand, 2 septembre 1761. Wesphalen, V, p. 793. — L'État des troupes anglaises indique à la fin de septembre 3.809 malades sur un effectif de 20.437.

à Sulbeck puis à Eimbeck; ses détachements eurent à enregistrer quelques succès partiels. Belsunce prit sa revanche en dispersant près d'Osterade dans le Hartz (1: le corps de Freytag et en lui faisant #50 prisonniers ; Chabo surorit les hussards de Bauer près de Scharf Oldendorf, leur enleva des prisonniers (2), « tous leurs équipages qui ont enrichi nos gens, des carrosses, beaucoup d'argent et de nippes et une très jolie femme ». Une lettre de Broglie à Soubise (3) rend compte de la situation; le gros de l'armée est avec lui à Eimbeck depuis le 11 septembre, Stainville avec une grande partie de son corps campe entre Grebenstein et Mariendorf; le prince Ferdinand avec le gros des confédérés entre Liebenau et Helmerghausen sur la Dymel: «Il a un corps considérable au-dessus d'Hôxter, un autre près de Polle et un troisième aux ordres de Lückner entre la Leïne et Goslar. Voilà l'état des choses ici, tant que vous occuperez le prince héréditaire, il restera devant vous; du moment que vous cesserez de lui donner des inquiétudes, il reviendra sur la haute Dymel menacer la gauche de M. deStainville.

ievenons à Soubise et voyons comment il s’acquittait de la tâche qui lui incombait. Nous l'avons laissé dans la banlieue de Munster bien décidé à ne pas tenter le siège de cette place et très désireux d'obtenir l'approbation du Roi pour l'incursion d’Ost Frise. Dans une dépêche à Choiseul (#) il développe les raisons de sa conduite : « On ne peut pas imaginer un moment d'exposer l'artillerie devant une place qui peut être secourue et surtout dans un pays où quatre jours de pluie rendent les chemins absolument impraticables, À moins que M. le maréchal de Broglie ne trouve moyen d’attirer le prince Ferdinand à la rive droite

(1) Belsunce au comte de Broglie, 4 sept. 1761. Archives de Ja Guerre. (2) Chabo au comte de Broglie, Verlesheim, 5 sept. 1761.

(3) Broglie à Soubise, Eimbeck, 12 sept. 1761. Archives de la Guerre. (4) Soubise à Choiseul, Appelhausen, 27 août 1761.

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