SOUBISE RENONCE AU SIEGE DE MUNSTER
du Weser, de le combattre ou de se placer intermédiairement entre l’armée ennemie et celle destinée à faire le siège de Lippstadt.Je crois qu’il serait imprudent et mème téméraire d'en faire la tentative ; celui de Munster, quoique moinsdifficile à beaucoup d'égards, serait encore sujet à de très grands risques, et il faudrait rassembler bien des moyens pour se flatter de pouvoir réussir. Je vais done me borner à suivre les diversions commencées par la droite et la gauche. Pendant que les ennemis portaient toute leur attention sur Warendorf, et principalement sur Hamm, MM. de Conflans et de Cambefort ont gagné du terrain. Je crois le premier très près d'Osnabrück., M. de Vogué est à Aldenberg pour le soutenir et lui envoyer du renfort s'il se trouve en avoir besoin. Vous avez bien raison, Monsieur, ces diversions dans l'Ost Frise sur le bas Ems et dans le pays d'Osnabrück ne peuvent être solidement établies, quand on n'est point maitre de Munster, aussi je songe dans ce moment-ci à détruire les magasins des ennemis, en enlever et faire transporter une partie à Wesel, prendre des otages et tirer quelques contributions. » Peu de temps après avoir fourni ces explications, Soubise recut de la cour un avis (1) qui les approuvait d'avance. Choiseul reconnaissait que le siège de Munster était impossible tant que Kielmansegge s'y trouverait avec ses troupes, il acceptait l’entreprise sur l'Ost Frise. Kielmansegge, qui avait quitté momentanément Munster pour rejoindre à Hamm le prince héréditaire, y revint avec un détachement ; à la tête de ses forces réunies, il fit du côté de Roxel une sortie peu heureuse qui fut repoussée avec la perte de 600 hommes tués, blessés ou pris. Au dire de Turpin de Crissé (2) «il aurait été très facile de battre ces 6.000 hommes et en les pressant bien fort d’en-
(1) Choiseul à Soubise, 25 aout 1764. Archives de la Guerre. (2) Turpin de Crissé à Lusse». Berstein, 7 septembre. Documents inédits,
Rs RE cm
Th
= = = = “ = | RE 3 Pr À RS Re in
em mx
LE A ge
ts
mi
trer pêle-méle avec eux dans Munster ». Pendant que Soubise s’attardait devant cette place, le prince héréditaire, arrivé à Hamm le 27 août, ne perdait pas son temps et manifestait sa présence par un coup de main hardi sur le poste de Dorstein où étaient installés les services de la boulangerie; le général français, inquiet sur le sort de Dorstein, avait envoyé Condé à Dulmen et Voyer à Huis Dulmen. Cette précaution fut prise trop tard : le prince héréditaire avait détaché de Hamm le colonel Huth à la tête de 3 bataillons, un régiment de dragons et #4 canons avec mission d'enlever le bourg de Dorstein et sa garnison composée d'un bataiilon du régiment liégeois de Vierzet et de quelques piquets d’autres corps. La ville, attaquée le 30 août à 9 h. du matin, fut bien défendue ; 39 maisons furent détruites par le canon, on se battit dans les rues, mais en fin de compte la garnison dut se rendre. Les vainqueurs s'emparèrent (1) « d’un amas considérable de farines, d'avoines, de bois » et de 600 prisonniers. Le but de l'expédition, qui était de détruire les fours de l’armée du Bas-Rhin, fat pleinement atteint. Soubise ne perdit pas de temps (2) pour réoccuper Dorstein, ilse porta le 2 septembre à Haltern sur la Lippe et poussa Voyer sur Dorstein : à l'approche de ce dernier, les confédérés évacuèrent leur conquête ; dans leur retraite ils eurent à livrer un combat d'arrière-garde dans lequel ils perdirent le partisan Scheiter, 160 prisonniers et un canon. Le 5 septembre, le quartier général de Soubise fut installé à Westerholtz entre la Lippe et l’Emser; le prince héréditaire, qui s'était avancé jusqu'à Dolmen, en partit le 7 au matin en route pour Hamm; d'après les informations françaises, il avait sous ses ordres 22 bataillons, 28 escadrons et des troupes légères. À raison de 600 par bataillon et 1#0 par escadron, chitfres très
(1) Journal de l’armée confédérée. Bune, 9 septembre 1761. Record Office. (2) Soubise à Broglie, Haltern, 3 septembre 1761. Archives de la Guerre.