‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 84 sur 230 · INTENTIONS DE FERDINAND · texte numérisé non relu

INTENTIONS DE FERDINAND

échec, encore faudra-t-il, vu la position des ennemis et la facilité qu'ils ont de se porter par une ligne plus courte que nous de leur droite à leur gauche, beaucoup de vigilance sur leurs mouvements .

Broglie avait bien pereé les projets de son adversaire, tels qu'ils ressortent d'une dépêche (1) postérieure de 2 jours à celle que nous venons de citer : « Le maréchal de Broglie semble en effet occupé d'agir par sa droite. 1] continue non seulement à tenir occupé le Hartz, mais il a avancé aussi le long de la Leine, quoiqu'il ne le fasse qu’en tâtonnant, et à petits pas. Je tâcherai de faire tout mon possible pour l'empêcher d'aller plus loin. Il me faut encore quelques jours pour me préparer à une expédition que je compte de faire en Hesse. Si elle réussit, M. le maréchal de Broglie sera obligé d'y venir avec le gros de son armée, après quoi je me flatte que les parties d'Eimbeck et du Hartz seront abandonnées d'elles-mèmes. Comme dans cette crise il importerait infiniment pour soutenir la gageure contre les armées françaises de garnir fortement les villes d’Hanovre, de Brunswick et de Wolfenbuttel, j'ai détaché de l’armée (sur Hanovre) trois bataillons qui, joints aux recrues du dépôt, et à un bataillon de milice, forment une garnison de presque #.000: il m'aurait été impossible d'en faire autant par rapport à Brunswick et à Wolfenbuttel; mais le duc, mon frère, y a suppléé ayant fait, dès le commencement de l’année courante, de si fortes levées dans son pays qu'il a actuellement une garnison de #.000 hommes à Wolfenbuttel, de façon que j'ose espérer que ces trois villes, extrèmement importantes, dans la position actuelle des armées, se trouvent hors d’insulte. »

Le 12 septembre, l'aile droite et le centre de l’armée du Haut-Rhin étaient concentrés à Eimbeck; Lückner s'é-

4) Ferdinand à Bute, Bune, 10 septembre 1761. Record Office.

tait retiré à Hildesheim ; le moment semblait propice pour pousser une pointe offensive dans la direction du Brunswick et du Hanovre; en conséquence, Clausen, appelé de la Reinhardswalde, reçut ordre de réunir le commandement de Belsunce au sien et de marcher sur Wolfenbuttel et Osterwick. Vaubecourt fut chargé d’emporter le chàteau de Schartzfeld et Caraman fut envoyé reconnaitre les environs de Hüxter. Cette dernière expédition donna lieu à une rencontre sur laquelle il convient de fournir quelques détails (1). Pour conserver le contact avec les Français, le prince Ferdinand avait détaché, sur la rive droite du Weser, Mansberg avec sa brigade forte de # bataillons et # escadrons. Ce général, placé sous les ordres de Spürcken qui commandait en chef à Brenckhausen non loin de Hüxter, devait se porter sur le Motsberg près de Neuhaus, mais sar: trop s’avancer dans le pays du Solling. Le 13 au soir, ces instructions furent annulées et Spürcken fut invité à rappeler de suite son subordonné à Furstenberg. Le contre-ordre remis tardivement ne parvint pas en temps utile à Mansberg. Cet officier, éloigné de tout secours immédiat, était tout à fait en l'air. Caraman, averti de la situation dangereuse du détachement confédéré, se porta sur lui par une marche de nuit, pénétra sans rencontrer (2) « ni gardes, ni patrouilles » dans le campement du régiment de Mansberg, le mit en déroute, jeta le désordre dans la brigade, lui enleva des tentes, des équipements, 3 canons et un drapeau, et lui infligea une perte de 267 hommes tués, blessés ou pris. Un moment, Mansberg tomba entre les mains des cavaliers français, mais réussit à s'échapper pendant qu'ils se partageaient sa dépouille, remit un peu d'ordre dans sa troupe et regagna le Weser qu'il mit bientôt derrière

(1) Voir à ce sujet, Westphalen, V, p. 851 et suivantes. (2) Broglie à Choiseul, Eimbeck, 15 septembre 1761, Archives de la Guerre.

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DISGRACE DE SPOÜRCKEN. 165

lui. Le prince Ferdinand, plus furieux de ce qu'il regardait comme une désobéissance que de l'incident, peu important en lui-même, s'en prit à Spürcken dont il trouva les explications insuffisantes (1). A la suite d’une correspondance aigre-douce, le général hanovrien demanda sous prétexte de santé un congé qui lui fut accordé; il fut remplacé par Wangenheim.

(1) Sur la lettre de Spôürcken, Ferdinand avait écrit de sa main : « Quelles utalines (sic) excuses. C'est insoutenable, » Westphalen, vol. V, p. 871.

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