APE PRET SES
LES CONFEDERES PASSENT LA DYMEL. 167
bise. » L'ennemi ne marcha pas activement, et Ferdinand eut le loisir d'attendre l'entrée en ligne de son neveu. Comme nous l'avons dit plus haut, Chabo et Stainville faisaient bonne garde, et Broglie fut aussitôt renseigné sur le danger qui le menaçait, Les dépêches de Stainville se succèdent rapidement (1) : le prince a passé la nuit du 15 à l'abbaye de Dalem, il sera le 16 à Warburg, aussi Stainville a-t-il cru prudent de reculer vers Cassel; il campe la droite à Immenhausen, la gauche au-dessus de Wilhemsthal.
Entre temps la menace se précisait ; conformément aux instructions (2) lancées le 17 du quartier général de Bune, le gros de l’armée confédérée s'ébranlait à 2 h. du matin le 18 et franchissait la Dymel; la droite conduite par le prince héréditaire devait tourner la gauche de Stainville et marcher sur Wilhemsthal; le centre avec lequel se trouvait Ferdinand se dirigeait sur Grebenstein et Immenhausen; la gauche sous les ordres de Wiütginau et précédée des avant-gardes de Reidesel et Friedrichs avait pour objectif Holtzhausen. Wangenheim avec un peu plus de 8.000 hommes surveillait le Weser aux abords d'Hüxter. Lückner, laissant à Freytag le soin d'observer la vallée de la Leine et le camp francais d'Eimbecx, devait se poster à Otterstein et garder le bas Weser jusqu’à Hameln. L'offensive du gros de l’armée de Ferdinand, forte en tout de 5% bataillons et de *7 escadrons, ne rencontre aucune opposition, Reidesel ramasse quelques trainards et des fourgons sur l’un desquels il trouve deux drapeaux du régiment d'Auvergne qui, par négligence ou oubli, v avaient été déposés. Stainville continue ses rapports : de Cassel il écrit le 18 (3: qu'il avait été attaqué le matin
(1) Stainville à Broglie, Glebenstein, 16 septembre 1761. Arch. de la Guerre, — Stainville à Broglie, Hohenkirchen, 17 sept. 1761. Arch. de la Guerre.
(2) Westphalen, V, p. 880.
(3) Stainville à Broglie, Cassel, 18 septembre 1761. Archives de Ja Guerre.
par Ferdinand et par le prince héréditaire, « ils avaient au moins 40.000 hommes »; il s'est reliré sans pertes, a donné ordre à Rochechouart de se porter avec 2 brigades à Münden et & envoyé deux bataillons de renfort à Talaru qui est posté à Lutternberg. Broglie lui répond (1) aussitôt : « Je ne puis me persuader qu'ils imaginent de vous attaquer dans le camp retranché de Cassel, ils doivent être bien sûrs que vous vous y défendrez bien; 40.000 hommes, dont une grande partie de cavalerie, ne peuvent espérer de forcer l'infanterie qui vous reste dans un aussi bon poste ; il serait à souhaiter pour vous et pour la chose qu'ils le tentassent. J'ai fait marcher cette nuit et ce matin 7 brigades d'infanterie, les carabiniers, 3 brigades de cavalerie et beaucoup d’artillerie pour se rendre à Asche et Härste. Demain, suivant les nouvelles que j'aurai de vous aujourd'hui, une grande partie de ces troupes et de l'artillerie passeront la Werra et entreront en Hesse. Je m'y rendrai aussi demain. Je ne crains pas qu'il y arrive du malheur, mais cela nous fait le mal de nous obliger de rapprocher notre droite et de nous empêcher de nous étendre dans le pays d’Hanovre; mais comme nous l'avons dit souvent ensemble, leur position fait qu'il n'y a pas de remède à ce mal. Il n’y aurait que celui de les battre quelque part, mais il est plus qüe vraisemblable que du moment que nous nous rernforcerons en Hesse, ils repasseront la Dymel et ce sera à recommencer. Je compte recevoir aujourd'hui plusieurs fois de vos nouvelles. Adressez-les moi à Härste où je coucherai vraisemblablement. »
Stainville se rassure ; il serait désirable (2) qu'on puisse renforcer encore de 10 bataillons français la garnison de Münden: il serait alors tranquille et «ils ne vous attireront
(1) Broglie à Stainville, Eimbeck, 19 septembre 1761. Archives de la Guerre. (2) Stainville à Broglie, Cassel 8 h, a. m. 19 septembre 1761. Arch. de la Guerre.