BROGLIE ARRIVE A CASSEL
pas toute votre armée en Hesse, ce qu'ils souhaitent et désirent beaucoup ». Le 20 septembre, Broglie arrive à Cassel. I n'y à d'inquiétude à avoir que du côté de Fritzlar et Marburg, sur lesquels on sait que le prince héréditaire s'est dirigé, Stainville y a envoyé Thianges avec une brigade mixte, le maréchal y expédie à son tour Rochambeau avec 5.000 hommes avec ordre de prendre le commandement sur l'Eder et d'arrêter les progrès du prince qui avait atteint Fritzlar le 21 et détaché des partis sur Ziegenhayn et Alsfeld. Une lettre interceptée de Ferdinand (1) à son neveu, datée de la matinée du 20, confivmait ces renseignements, tout en atténuant leur gravité : « Le premier but est de s'emparer de Fritzlar, sans quoi nous ne donnerons que peu de jalousie par nos courses » ; Ferdinand engageait le prince à faire passer l'Eder aux hussards (de Riedesel) mais pas à l'infanterie. La concentration des Francais à Münden, Hedemünden et à Lutternberg eut pour effet de mettre fin à l'expédition du prince qui rejoignit son oncle le 23.
Une dépèche de Broglie à Choiseul en date du 21 (2) présente clairement la situation, Après avoir raconté les mesures prises pour venir en aide à Stainville, il ajoute : « Je mandai en mème temps à M. le comte de Lusace et je le priai de revenir avec sa réserve à Eimbeck, et à M. de Clausen de se replier à Osterade, de ne point se porter pour ce moment à Wolfenbutel, d'autant que plusieurs estafettes envoyées par M. de Serbelloni à M. 0. Flanagen, officier autrichien, qui sert depuis plusieurs campagnes à cette armée, annonçaient la marche d'un corps prussien sur Brunswick aux ordres du général Sedlietz..….. Je crus donc devoir faire revenir M. de Clausen à Osterade pour ne pas compromettre son corps jusqu'à
(1) Ferdinand au prince héréditaire, Ober Wilmen, 20 septembre 1761. Archives de la Guerre.
(2) Broglie à Choiseul, Cassel, 21 septembre 1761. Archives de la Guerre.
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ce que tout ceci fût débrouillé. J'ailai le même jour à Härste et sur les nouvelles que j'ai reçues de M. le comte de Stainville que les ennemis n'avaient rien tenté et qu'il n'y avait pas d'apparence qu'ils le fissent, je pris le parti de me prêter le moins qu'il serait possible au désir que M. le prince Ferdinand avait de rappeler l'armée en llesse. » Suivent les instructions données à Talaru qui gardait les passages de la Fulda, à Poyanne et Guerchy qui campaient sur la rive droite de la Werra : « Je fis marcher M. de Chabo sur Holtzmünden et Bevern pour intercepter entièrement la navigation de Hameln à Hüxter; je mandai à M. de Caraman de se porter à Nieuhaus et Forstenberg pour menacer Hôxter et inquiéter la communication par terre et par eau de cette ville à l'arr'*e ennemie, et j'envoyai la légion Royale vis-à-vis de Beringen et d'Herstal pour le même objet; enfin je chargeai M. de Maupeou d'aller camper près d’Uslar pour servir de point d'appui à la légion Royale et à M. de Caramar:. Je me rendis ensuite hier à Münden et de là ici; en arrivant sur les hauteurs de Lüternberg, je vis le camp des ennemis qui était entre Obervolmar et Immenhausen, détendre et se mettre en marche vers Hohenkirchen et Wilhemsthal, et lorsque je fus ici, j'appris de M. de Stainville que le prince héréditaire était parti le matin avec son corps et avait marché par la gorge d’'Heckerhausen sans qu'on sût encore la direction qu'il avait prise ensuite. » Le maréchal relate l'envoi successif de Thianges et de Rochambeau pour s'opposer au raid possible de l'ennemi sur Fritzlar, l'ordre donné à Muy de se porter d’Asche à Uslar et de pousser Maupeou avec une avant-gardesur le Weser. Puis il expose ses projets pour l'avenir : « Sur ce que me manda hier M. de Clausen qu'il avait nouvelles qu'il y avait peu de monde dans Wolfenbutel, je lui écrivis de s'y porter d'Osterade en deux marches vives, et de tâcher de s'en emparer. Je venais de recevoir une lettre de M. de