‹ La guerre des blasons: comédie en trois actesChapitre 10 sur 22 · Scène VII · texte numérisé non relu

Scène VII

Les Mêmes, MAURICE et FERNAND.

MAURICE {entraînant Fernand par la main).

On ne s'en va pas ainsi, mon cher. Diable, si vous failes fî du prix Monlhyon, vous devez du moins vos hommages à M. le duc. (Fernand remet son fusil à (iermain, et vient saluer le duc et Valentine^ pendant que Karl va lui serrer la main),

LE DUC

Monsieur, qui ai-je l'honneur de recevoir?

KARL (à V oreille du duc).

Fernand, le sculpteur.

FERNAND

Un artiste, monsieur le duc, modeste voisin de campagne, qui s'accuse à vous du crime de braconnage sur vos terres, où Ta entraîné la poursuite du gibier, et qui a l'honneur de vous offrir ses excuses, en y joignant tous ses respects.

LE DUC

Monsieur, vous vous accusez de trop bonne grâce pour que votre causé ait besoin d'être défendue. J'aime fort les artistes, surtout de talent, et, à ce double titre, le sculpteur Fernand me fera plaisir en venant chasser chez moi. [Fernand semble se défendre). C'est mon moyen d'arrêter les braconniers.

FERNAND

En vérité, monsieur le duc, je suis confus, et en vous entendant prononcer mon nom. . .

LE DUC

Vous vous demandez d'où vient cette indiscrétion. Ne voua en prenez qu'à vos œuvres, si votre incognito se voit trahi.

MAURICE

Ne vous défendez pas lanl, mon cher Fernand ; nous connaissons tous votre modestie de bon aloi, et la preuve, c^est que sans moi, vous vous dérobiez encore à la reconnaissance générale.

LE DUC

Que voulez-vous dire?

KARL

La vérité que j'allais proclamer, quand l'arrivée de ces messieurs m'a interrompu. Sans le courage et le sang-froid de monsieur, il ne vous restait plus, monsieur le duc, qu'à pleurer votre fille.

FERNAND

Prince, vous exagérez. Vous aussi . . .

KARL

Pardon : c'est vous seul.

LE DUC

C'est mal, fort mal, monsieur. M'avez-vous donc cru Tâme si mal placée, que je trouve la reconnaissance trop lourde?

FERNAND

Monsieur le duc, je sais les de Quélus grands seigneurs. {Valentine se cache ^ur l'épaule de Laure). El vous, mademoiselle, voire légitime fierté se rassurera^ si je lui dis que j'ai longtemps voyagé en Espagne, où j'ai appris le proverbe populaire : « Ne touchez pas à la reine. » Au moment où je me jetais à la tête de votre cheval effrayé, vous glissiez dans les bras de votre vieux serviteur.

^ VALENTINE (aucc eVan).

Vous n'èles pas blessé, monsieur?

FERNAND

Pas une égratignure, mademoiselle. Vous avez entendu, monsieur le duc, voici un mot qui nous fait quittes.

LE DUC

Décidément, monsieur, vous êtes un galant homme, et je tiens a honneur de serrer la main qui m'a rendu ma Glle. (Ils se serrent la main),

GERMAIN (le tirant par son habit, tout attendri).

Monsieur, et moi? [Il lui offre la main, hésite^ et serre celle que lui tend Fernand). Ah 1 bahl c'est un artiste I

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