‹ La guerre des blasons: comédie en trois actesChapitre 2 sur 22 · Scène III · texte numérisé non relu

Scène III

LA COMTESSE, VALENTINE [Elles s asseoient toutes deux sur le canapé).

LA COMTESSE

Nous voici seules.

VALENTINE

Ce que je vais te conter est bien étrange. Il n*y a qu'un instant, tu admirais mon œuvre, et ton enthousiasme s'étonnait de la perfection que j'avais acquise en si peu de temps, sans conseils, sans maître, disais-tu? Tel fut mon embarras, que je détournai la tête.... Car j'ai un maître I

LA COMTESSE

Comment se nomme-t-ilî

VALENTINE

Je n'en sai« rien : je ne l'ai jamais vu.

LA COMT£SSK.

Tu veux railler. Anonyme el invisible! Ma chère, lanneàn de Gygès est à janoais perdu. Allons, il y a quelque affaire de cœur là-dessous. Prends ton courage à deux mains, el contesmoi tout cela.... Si lu as peur, fermes les yeux. Où en seraisje, si je ne connaissais pas tous ces petits romans, après dix ans de mariage, et un mariage de raison I

TALENTINE.

Ma chère Laure, le cœur n'est pour rien dans cette confidence. Du jour où le mien aura parlé, mon père le saura.

Tu veux faire de la discrétion? À ton aise, et brisons-là.

(Elle veut se lever).

vALENTiNE [la retenant), Ai-je jamais su mentir?

LA COMTESSE

C*est vrai : j'ai tort d'accuser ta franchise sans égale; mais enfin, expliques-toi. Je ne suis pas un sphynx. Comment? où, prends-tu les leçons?.... Par correspondance, peut êlre?

VALENTINE

Quelle idée I

LA COIITESSE.

Hais, ma chère, on se marie très-bien, aujourd'hui, par la petite posle, en province el à l'étranger.

VALENTINE

Tu ne changeras jamais. Du resie, je me Irompe peul-êire en disant un maître : c'est plutôt collaborateur. [Hésitant). Enfin.... il y a des deux, puisque noire œuvre est commune.

L4 COMTeSS£.

Voilù qui pique ma curiosité.

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